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Valls en pleines négociations pour la formation de son gouvernement, la place des écolos en question

Manuel Valls menait mardi d’intenses négociations pour composer son gouvernement, au lendemain de sa nomination à Matignon, avec notamment au menu l’éventuel retour de ténors socialistes et la participation de ministres écologistes après le refus de Cécile Duflot et de Pascal Canfin.

La passation de pouvoir avec Jean-Marc Ayrault était programmée à 15h00 à Matignon, selon les services du Premier ministre démissionnaire. L’Elysée s’est contenté d’indiquer que François Hollande “travaille activement” à la formation du nouveau gouvernement avec son nouveau Premier ministre, le deuxième du quinquennat, nommé après la déroute de la gauche aux élections municipales. Consultant par téléphone, depuis lundi soir, Manuel Valls a reçu mardi matin Place Beauvau le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui souhaite conserver son poste, puis une délégation d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), avec qui les relations sont notoirement mauvaises.

Dans l’entourage de l’ex-ministre de l’Intérieur, on estimait que l’annonce du nouveau gouvernement pourrait “aller très vite”. On évoquait mardi soir, mais plutôt mercredi matin. Le premier Conseil des ministres du gouvernement Valls devrait se tenir jeudi. Alors que François Hollande a réclamé lundi soir un “gouvernement de combat”, une équipe “resserrée, cohérente et soudée”, il restait à trancher de nombreux points, notamment le remplacement de M. Valls à l’Intérieur. Pour ce poste circulent les noms de François Rebsamen et de Jean-Jacques Urvoas, un proche de Valls, qui préside de la commission des Lois à l’Assemblée nationale.

“En 2012, je m’étais préparé pour être ministre de l’Intérieur. Le président de la République m’a(vait) proposé un autre poste”, a rappelé mardi matin M. Rebsamen, proche de M. Hollande, qui préside le groupe PS au Sénat. Il présente l’inconvénient d’être hostile au non-cumul des mandats, une des réformes emblématiques du début du quinquennat. La stabilité pourrait prévaloir au Quai d’Orsay avec le maintien de Laurent Fabius. Quel sera le nouveau visage de Bercy? Pierre Moscovici a annulé mardi sa participation à une réunion importante de ses homologues de la zone euro, à Athènes, préférant attendre à Paris d’être fixé sur son sort. Lors de la composition du gouvernement Ayrault, celui qui avait pourtant dirigé la campagne du candidat Hollande avait été “prévenu le dernier”, rappelait son entourage. De son côté, Vincent Peillon (Éducation), est donné partant et pourrait mener campagne pour les élections européennes dans le grand Sud-Est. Quant à Christiane Taubira (Justice), son départ de la Place Vendôme fait peu de doute même si elle pourrait obtenir un autre portefeuille.

Quel ministère pour Ségolène Royal ?

Le retour au gouvernement de Ségolène Royal continue d’alimenter les spéculations. L’ex compagne du chef de l’Etat, mère de ses quatre enfants, n’a plus siégé au gouvernement depuis 2002. Selon des proches, elle pourrait hériter de la Justice ou d’un grand ministère regroupant Ecologie, Transports et Logement, après avoir été pressentie pour l’Education. Mais cette dernière attribution semble également convoitée par Aurélie Filippetti (Culture). Najat Vallaud-Belkacem, intéressée par la Culture, devrait probablement abandonner le porte-parolat.

Actuel ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon pourrait se voir attribuer un grand ministère pour donner des gages à la gauche du PS, particulièrement critique sur la nomination de Manuel Valls.Des parlementaires de différentes sensibilités de la gauche du parti se sont réunis lundi à l’Assemblée avec l’intention de proposer à Manuel Valls un “contrat de majorité” axé sur l’investissement, le pouvoir d’achat des bas revenus et une réorientation européenne remettant en cause l’austérité.

Reste à connaître l’identité des éventuels nouveaux entrants socialistes. Sont cités les députés socialistes Thierry Mandon, Karine Berger ou encore le sénateur de l’Isère André Vallini et parmi les ténors du PS, Bertrand Delanoë, qui avait déjà été annoncé à la Justice en 2012.Quant à la participation d’EELV, la direction du parti a demandé “une clarification sur l’orientation du gouvernement” avant de décider de lui apporter ou non son soutien.

Pascal Canfin, ministre du Développement dans l’équipe sortante, a justifié mardi matin son choix de ne pas rester au gouvernement par une probable absence de marge de manoeuvre et ses “origines populaires”. Il a relevé au passage que Cécile Duflot – qui a fait le même choix – avait refusé le rang de numéro deux du nouveau gouvernement.”C’est une décision qui les engage à titre personnel”, a de son côté fait valoir le député EELV François de Rugy à propos de la décision des deux ministres. Le nom de M. de Rugy tout comme ceux des députées Barbara Pompili et Eva Sas ou du sénateur Jean-Vincent Placé sont cités parmi les possibles entrants écologistes. Hors de la galaxie EELV, celui de Nicolas Hulot revient également avec insistance. Bruno Le Roux (PS) a, quoi qu’il en soit, souhaité que les écologistes figurent dans le nouveau gouvernement, après le “bon travail” commun des 18 derniers mois. Quant à son collègue député Jean-Christophe Cambadélis, il a assuré que Manuel Valls ne serait pas “le droitier de service”.

 

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