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Vauban en première classe

Lundi, le Comité de l’UNESCO, réuni à Québec, a classé 12 citadelles du maréchal Sébastien Le Preste de Vauban au patrimoine mondial de l’humanité, portant à 32 le nombre total de sites français inscrits. Seuls le château de Bazoches, résidence de Vauban, et la citadelle de Belle-Île-en-mer n’ont pas été retenus.

Les 12 sites reconnus sont ceux d’Arras (Pas-de-Calais), de Besançon (Doubs), de Blaye/Cussac-Fort-Médoc (Gironde), de Briançon (Hautes-Alpes), de Camaret-sur-mer (Finistère), de Longwy (Meurthe-et-Moselle), de Mont-Dauphin (Hautes-Alpes), de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), de Neuf-Brisach (Haut-Rhin), de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime), de Tatihou/Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) et de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales).

Jean-Louis Fousseret, maire socialiste de Besançon et président de l’association Réseau des sites majeurs de Vauban, s’est réjoui de cette décision : « C’est la reconnaissance d’un travail de plus de quatre années que nous avons mené tous ensemble, l’ensemble des maires du Réseau, qui est fait de petites villes… Et un réseau qui représente bien la France », a-t-il souligné.

Une petite déception accompagne toutefois cette annonce. En effet, sur les 151 places fortes construites par Vauban, le Réseau avait proposé 14 sites, dont deux, la citadelle de Belle-Île et le château de Bazoches, qui figuraient pourtant parmi les sites les plus spectaculaires, n’ont pas été retenus. « Le seul point commun de ces deux sites, c’est qu’ils appartiennent à des particuliers. Mais nous n’avons eu aucun commentaire officiel. Nous espérons avoir plus d’explications sur cette décision très bientôt », résume Charles Rofort, administrateur de l’Association Vauban.

L’inscription au patrimoine mondial ne s’accompagne d’aucune subvention, mais il apporte énormément à un site. « Tout d’abord la reconnaissance historique de Vauban, et un élan formidable pour l’économie touristique. Parmi les sites reconnus, certaines communes sont très petites et ont des revenus modestes, l’augmentation de la fréquentation devrait générer des revenus supplémentaires qui les aidera dans leur travail de conservation », explique Charles Rofort. Car l’UNESCO exige en retour un travail de restauration et de conservation, le but ultime étant la préservation de ces sites reconnus comme « exceptionnels ».

La responsabilité des communes est donc ensuite la conservation et l’embellissement des sites, sous peine de radiation. L’année dernière, l’UNESCO a pour la première fois radié un site, situé dans le sultanat d’Oman. Même si les sites choisis sont plutôt en bon état, l’ensemble des 12 sites représente une seule inscription, toutes les villes sont donc solidaires. « Elles peuvent mutualiser la formation des guides, et mettre en place une signalétique commune par exemple. Individuellement, elles doivent aussi être à la hauteur de l’honneur qui leur est fait : développer leur programmation culturelle, et les capacités d’hébergement, en quantité et en qualité », rappelle Charles Rofort. Finalement, cette inscription est un peu un label marketing, qui permet d’accroître considérablement la visibilité de ces lieux, sans toutefois tomber dans des excès comme au temple d’Angkor, au Cambodge, victime de son succès. Il s’abîme, il y a des vendeurs à la sauvette… La responsabilité des sites est aussi de gérer l’accès aux sites quand l’afflux de touristes devient dangereux.

Ce dossier était surveillé par d’autres pays, qui ont des forteresses comparables et pourraient demander eux aussi l’inscription. La base de Norfolk, dans le Connecticut par exemple, est de ceux-là. « Les forteresses sont aussi l’histoire de l’humanité. Celle d’Europe par exemple montre les frontières au temps de Vauban. À ma connaissance, c’est la première fois que cette inscription est attribuée à l’œuvre d’un seul homme. On ne sait pas qui a construit le Mont Saint-Michel par exemple. Ici, on marque la reconnaissance du travail de Vauban, de son génie, qui n’était pas seulement militaire, loin de là. Sa prévision de la démographie du Québec en l’an 2000 n’était pas très éloignée de la réalité. Et il a évoqué dès 1700 une monnaie unique pour l’Europe », raconte, intarissable, Charles Rofort.

Après le succès des célébrations du tricentenaire de sa mort en 2007, le personnage de Vauban connaîtra sans aucun doute un regain de popularité… mondiale cette fois-ci.


Et aussi…
Les fans de Vauban font le siège de l’Unesco, publié en avril 2007 dans France-Amérique.

Le site de l’association Vauban, qui dénombre le nombre incalculable de manifestations prévues dans toute la France autour du tricentenaire de la mort de l’ingénieur, et donne des idées concrètes de circuits pour (re)découvrir ses chefs-d’œuvre.
www.vauban.asso.fr

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