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“Vendredi noir”: les commerçants américains baissent les prix et retiennent leur souffle

Les commerçants américains espèrent beaucoup des ventes du “vendredi noir“, qui lance traditionnellement les achats de fin d’année au lendemain de la fête de Thanksgiving, pour sortir la tête de l’eau en cette période de fort repli de la consommation.

A 08H00 (13H00 GMT) vendredi, la 34ème rue à New York était envahie de touristes et d’habitants de Manhattan, les bras déjà chargés de paquets, qui s’étaient déplacés dès le petit matin pour profiter de rabais nombreux et importants, notamment dans les magasins de vêtements.

Ann Taylor promettait ainsi 20% de réduction sur tous les articles achetés avant midi, Lane Bryant proposait “un article offert pour un acheté” et Banana Republic 40% de remise.

Le vendredi qui suit la grande fête familiale de Thanksgiving marque le lancement de la saison des achats de Noël aux Etats-Unis et constitue normalement une aubaine pour les commerçants. Son nom de “vendredi noir” viendrait du fait que c’est ce jour-là que leurs comptes sortent du rouge.

Mais cette année, cette journée constitue un test crucial de l’humeur des consommateurs.

Parmi des indicateurs économiques tous plus alarmants les uns que les autres, les dépenses des ménages ont baissé en octobre de 1,0% par rapport au mois précédent, leur plus forte baisse depuis septembre 2001. Or, la consommation est un des principaux moteurs de la croissance américaine.

Des foules agitées se précipitaient dans les rayons du grand magasin Macy’s. Frieda, une Néerlandaise de 48 ans, officier d’état civil dans la vie, est estomaquée par les rabais. “J’ai acheté des jeans Levis pour mes fils. Ils coûtent 30 dollars alors qu’en Hollande c’est 150 dollars”, dit-elle.

Katrina Chapman, une comptable britannique, raconte que son mari a réussi à trouver un costume Ralph Lauren pour 200 dollars et des chemises Calvin Klein pour 20 dollars, sans comparaison avec les prix pratiqués en Grande-Bretagne.

Mais si Macy’s, l’un des grands magasins les plus courus de New York, était bondé, c’était loin d’être le cas de toutes les boutiques de la 34ème rue. Seuls cinq clients attendaient ainsi l’ouverture de la boutique Banana Republic.

Et une grande partie des acheteurs semblaient être des touristes, dont les économistes soulignent qu’ils apportent un soutien bienvenu aux commerçants, surtout à New York. Car il n’est pas sûr que les consommateurs américains suivront.

Erika Pu, une étudiante new-yorkaise de 20 ans, explique qu’elle fait des achats, mais prudemment. “J’achète des cadeaux de Noël. Il faut le faire, de toute façon. Mais je ne pense pas que les gens vont acheter des choses vraiment chères”, dit-elle. Son ami Carlos Ventura, 23 ans, est traiteur et a sa propre entreprise. Il explique que la crise a déjà affecté ses revenus et qu’il ne va rien acheter. “En ce moment, je ne travaille en cuisine que deux ou trois jours par semaine contre cinq ou six il y a deux mois. Je pense que les entreprises ne veulent plus dépenser d’argent pour s’amuser”.

Le troisième trimestre a été catastrophique pour le secteur américain de la distribution, qui a vu plusieurs chaînes de magasins faire faillite, comme Circuit City, spécialisée dans l’électronique grand public.

Mais d’autres se veulent résolument optimistes. “Nous sommes très heureux de la foule que nous voyons aujourd’hui et nous constatons que beaucoup de produits disparaissent des rayons. C’est une journée passionnante”, s’est ainsi réjoui Brian Dunn, le président de Best Buy, un distributeur du même secteur, sur la chaîne de télévision NBC.

 

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