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Vers une délocalisation des industries françaises aux Etats-Unis

L’industrie manufacturière américaine est en passe de devenir l’une des plus compétitives parmi les pays riches et pourrait ravir d’ici à 2020 jusqu’à 5% des exportations des principales puissances économiques, dont la France.

Les entreprises industrielles françaises vont-elles délocaliser aux Etats-Unis ? L’hypothèse est plausible selon une étude du Boston Consulting Group (BCG) un groupe de conseil aux entreprises. “Les Etats-Unis sont en train de devenir l’un des pays qui affiche des coûts manufacturiers les plus bas dans le monde développé”, peut-on lire dans l’étude, qui cite le faible niveau des salaires et des coûts d’approvisionnement en énergie, notamment en gaz aux Etats-Unis. D’ici à 2015, les coûts moyens de l’industrie manufacturière en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Japon, en Italie et en France devraient ainsi être de 8 à 18% supérieurs à ceux qui ont cours aux Etats-Unis.

Paris et Berlin se situeraient dans le haut de la fourchette avec des coûts 16% plus élevés qu’outre-Atlantique. Conséquence, les experts du BCG estiment que les Etats-Unis pourraient, d’ici “à la fin de la décennie”, récupérer sur leur territoire “jusqu’à 5%” des exportations actuellement produites dans ces cinq pays. Depuis la fin des années 2000, le faible coût du travail aux Etats-Unis dans certains Etats (Caroline du Sud, Mississipi et Tennessee en tête où les salaires moyens sont peu élevés) a déjà permis la rapatriation de nombreuses entreprises américaines. Et les Etats-Unis s’apprêtent aujourd’hui à accueillir les entreprises européennes et notamment françaises.

Michelin investit aux Etats-Unis plutôt qu’en France

Selon l’étude du Boston Consulting Group, la Chine ne sera bientôt plus un territoire de choix pour les entreprises françaises. Aujourd’hui, la productivité des travailleurs américains compense quasi-intégralement le coût plus élevé des employés. D’autant que le fossé des salaires dans l’industrie en Chine et aux Etats-Unis se rétrécit d’année en année. Selon Harold Sirkin du BCG, il faut s’attendre à une recrudescence du “made in USA” en France en en Europe dans les années à venir.

Certaines entreprises françaises ont déjà sauté le pas, et amplifient leur présence de l’autre côté de l’Atlantique. C’est le cas du groupe français de pneumatiques Michelin, qui a investi 750 millions de dollars aux Etats-Unis pour y construire fin 2013 une usine en Caroline du Sud, sa 19e aux Etats-Unis. Michelin compte également étendre les domaines de compétence de son usine du comté de Lexington, toujours en Caroline du Sud. L’entreprise de pneumatiques emploie aujourd’hui 22 300 salariés aux Etats-Unis et devrait en compter 500 de plus une fois la nouvelle usine en marche.

“Le fait que notre entreprise renforce ses capacités de production en matière d’équipement de génie civil dans l’Etat où nous avons démarré nos activités aux Etats-Unis, constitue un hommage à la productivité de nos employés ainsi qu’à l’environnement entrepreneurial qui règne en Caroline du Sud”, a déclaré le Président de Michelin en Amérique du Nord, Pete Selleck.

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