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Victoire de rêve de Jo-Wilfried Tsonga à Paris-Bercy

Le joueur de tennis français Jo-Wilfried Tsonga a remporté dimanche au tournoi de Paris-Bercy le plus beau titre de sa carrière. Il a battu l’Argentin David Nalbandian en trois sets et s’est qualifié pour le Masters de Shanghai.

Jo-Wilfried Tsonga a réussi un coup de maître, dimanche au tournoi de Paris-Bercy, en remportant le plus beau titre de sa carrière aux dépens de l’Argentin David Nalbandian (6-3, 4-6, 6-4), et en s’invitant à son premier Masters, dès dimanche prochain à Shanghai.

Le Manceau met fin à sept ans de disette pour le tennis tricolore à Bercy. Depuis le succès de Sébastien Grosjean en 2001, aucun Français ne s’était imposé dans la capitale, ni d’ailleurs dans aucun tournoi Masters Series, les plus prestigieux après les Grands Chelems. “Je n’ai pas de mots pour décrire ce qui s’est passé cette semaine, c’est juste incroyable. C’est un tournoi que tout le monde rêve de gagner. Pour les Français, c’est vraiment très prestigieux”, a-t-il dit.

A voir la manière avec laquelle Tsonga s’est imposé, il est possible que la France ait enfin trouvé le leader qu’elle cherche depuis si longtemps. Car en plus du succès, il y a eu la manière, dès le premier match et jusqu’en finale. Surmotivé devant les 14.000 spectateurs du POPB, “Jo” a pris Nalbandian à la gorge dans son style habituel de puncheur. Sa qualité de première balle (25 aces) et son abattage physique impressionnant du fond du court et au filet n’ont guère laissé de chances à l’Argentin, jusqu’à une soudaine baisse de régime, en particulier en revers, qui lui a coûté la deuxième manche.

Les larmes de Jo

Cet instant de flottement passé, Tsonga a repris le dessus dans le dernier set pour conclure à l’énergie, en 2h00. Dans le dernier jeu du match, il a montré sa force mentale en alignant les cinq points de la victoire alors qu’il était mené 0-40. “J’ai encore très, très bien joué contre un Nalbandian qui joue lui aussi le feu et qui est très difficile à déborder”, a dit le vainqueur.

Ce succès sur le tenant du titre, qui faisait de nouveau peur à tout le monde en cette fin de saison, couronne un superbe parcours, marqué par des victoires sur quatre des onze meilleurs joueurs du monde: le Serbe Novak Djokovic, les Américains Andy Roddick et James Blake, puis Nalbandian. “En début de semaine, j’avais des douleurs un peu partout, à la cuisse, à l’épaule. J’ai tenu le coup, je suis resté très solide. Je pense que j’ai joué le meilleur tennis de ma vie”, a-t-il dit.

Même s’il n’en était pas à ses premières émotions fortes de l’année après sa finale à l’Open d’Australie et sa victoire au tournoi de Bangkok, le Sarthois n’a pu retenir quelques larmes juste après la balle de match, puis plus tard devant la presse en évoquant ses proches, vivants ou disparus, qui l’ont accompagné depuis son enfance.

“C’est la victoire de tout un collectif, tous les gens qui m’ont soutenu depuis que je suis tout petit. Mes parents, mes entraîneurs, mes amis. C’est génial”, a-t-il dit, en n’oubliant pas le public: “Ils ont été +surprésents+. Plusieurs fois dans mes matches, j’ai eu des frissons tellement les gens m’encourageaient”.

Deux dans le Top 10

Sa qualification pour le Masters est d’autant plus méritoire qu’il a été écarté du circuit pendant trois mois à cause d’une opération à un genou, manquant ainsi Roland-Garros, Wimbledon, les jeux Olympiques et les Masters Series de Toronto et Cincinnati. A Bercy, il jouait seulement son 15e tournoi de l’année, contre 28 par exemple pour l’autre Français Gilles Simon.

Pour la première fois de sa carrière, Tsonga va entrer dans le Top 10, lundi, à la 7e place, et devenir N.1 français à la place de Simon. Ce dernier, désormais 9e mondial, n’aura gardé le poste que deux semaines. Mais il ira lui aussi à Shanghai (9-16 novembre), en tant que premier remplaçant, et entrera en jeu en cas de forfait d’un des huit participants: Nadal, Federer, Djokovic, Murray, Davydenko, Roddick, Del Potro et Tsonga.

Grâce à sa jeune génération, le tennis français est en train de vivre une belle époque, qui pourrait se transformer en âge d’or, si Tsonga ou un autre remportait un Grand Chelem. Il y a deux semaines, pour la première fois, quatre joueurs intégraient le Top 20 (Simon, Tsonga, Gasquet, Monfils). Lundi, ils seront deux dans les dix premiers, ce qui n’était pas arrivé depuis Yannick Noah et Henri Leconte il y a vingt ans.

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