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Victoire pour les partisans de la mosquée de Ground Zero

Mardi matin, la commission de défense du patrimoine de New York a refusé de faire du Coat Factory building un monument historique, laissant ainsi la voie libre à la construction d’une mosquée près de Ground Zero. Une levée de boucliers accompagne ce projet.

Neuf ans après les attentats du 11 septembre 2001, la construction d’une mosquée pourrait bientôt débuter tout près de Ground Zero. Mardi, les opposants à ce projet, qui crée une vive polémique aux États-Unis, ont enregistré une cuisante défaite. La commission de défense du patrimoine de la ville de New York a refusé à l’unanimité de classer le bâtiment situé au 45-47 Park Place comme monument historique. Cette décision ouvre la voie à la démolition du Coat Factory building et au chantier du futur centre islamique, estimé à 100 millions de dollars.

De nombreuses personnalités de premier plan dont Sarah Palin, l’ancienne candidate républicaine à la vice-présidence, et Rick Lazio, le candidat républicain au poste de gouverneur de l’État de New York cet automne, ont tenté, en vain, de freiner ce projet de mosquée soutenu par Michael Bloomberg, le maire de New York. Ce dernier a d’ailleurs salué mardi la décision de la commission.

À l’extérieur de l’auditorium de la Pace University, où s’est tenu le vote, les adversaires de la mosquée ne cachaient pas leur déception. Brett Joshpe, un jeune avocat, assure qu’il ira jusqu’à la cour suprême de l’État de New York s’il le faut. Il refuse la construction d’une mosquée si près de l’ancien emplacement des tours jumelles : « La plupart des New-Yorkais et des Américains sont opposés à ce projet. Ils ne le font pas par haine contre l’islam. Ils le font pour défendre la mémoire des victimes du World trade Center. »

Linda fait les cent pas devant la porte de l’université tenant d’un côté une pancarte  –  Mosque glorifies our deaths –  (« Nos morts sont sur l’autel de la mosquée ») et de l’autre un drapeau des États-Unis. La sexagénaire américaine rejette le vote de la commission : « L’islam n’a pas sa place à côté du Gound Zero ! » clame-t-elle. « C’est une insulte à la douleur, et à la perte de nos concitoyens américains morts en héros. » Pour Linda, islam et islamisme ne font qu’un. Selon cette fervente catholique, l’islam est « un système politique totalitaire et agressif qui part à la conquête du monde. »

La communauté musulmane se mobilise, elle, en faveur du lieu de culte.  « Nous sommes en guerre contre Al-Qaïda et non contre d’autres ennemis fantasmés. Nous devons avant tout défendre et honorer la nation dans laquelle nous vivons », affirme Zead Ramadan, président d’une association musulmane new-yorkaise. « Les émotions sont à fleur de peau », ajoute-t-il en référence à la décision de l’Anti-Defamation League, une puissante organisation juive aux États-Unis, qui s’oppose à cette réalisation. Megan, une jeune Américaine convertie à l’islam, félicite quant à elle la ville de New York d’avoir « basé ses décisions sur des faits et non sur la peur. »

Un lieu de prière pour les musulmans existe déjà dans le quartier de Ground Zero, au 20 Warren Street. Mais ce local est devenu trop étroit. Seyhan Eren, manager du « Amish market », attend avec impatience l’ouverture de la mosquée à côté de son commerce. Turque d’origine, ce musulman pratiquant estime qu’ « au delà de l’aspect religieux, la nouvelle mosquée va être bonne pour mon business. »

Autour du site de Ground Zero, touristes et hommes d’affaires ne s’offusquent pas du dessein de la communauté musulmane new-yorkaise : « Nous vivons dans un pays libre », estime Goquyang, un employé d’une banque du quartier. « On ne peut pas empêcher les musulmans d’avoir un lieu de prière, ou alors on s’attaque aux droits de l’homme. »

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