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Vidéo : Suivez le débat Nicolas Sarkozy-François Hollande en direct

A quatre jours du second tour, Nicolas Sarkozy affronte mercredi soir François Hollande en un duel télévisé unique et très attendu, qu’il aborde avec la volonté de prendre tous les risques pour faire mentir les pronostics annonçant la victoire de son rival.

Enfin ! Depuis des semaines, le président sortant attend ce duel avec une impatience de moins en moins retenue et il a affiché sa volonté d’y bousculer son concurrent. Confrontées à la litanie des sondages qui leur prédisent tous une large défaite, ses troupes, sûres de la supériorité de leur champion, y voient même leur dernière chance d’inverser la tendance. Face à lui, François Hollande, qui a franchi le premier tour avec une courte avance de 519.076 voix sur son adversaire de droite, s’est dit prêt à une confrontation “rugueuse”. Fort de son statut de favori, il s’est dit prêt à y répondre en toute “sérénité”, avec l’ambition d’y cultiver une image d’homme d’Etat capable de trancher, voire d’être tranchant dans l’adversité.

La stratégie retenue par Nicolas Sarkozy pour ce débat est limpide. Il “aborde ce débat un peu comme un challenger”, a résumé l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, “donc il va prendre sans doute un certain nombre de risques, cela va être quelque chose de très intense”. En clair, le chef de l’Etat veut contraindre François Hollande à une épreuve de vérité, lui qui l’accuse depuis des semaines d’être “flou”, “fuyant” voire “lâche”. “Il va falloir que François Hollande fasse ce qu’il déteste … être franc”, a prévenu Nicolas Sarkozy. “La pêche à l’anguille est ouverte”, a renchéri mardi le patron de l’UMP Jean-François Copé.

“Je n’ai pas cherché à dissimuler quoi que ce soit. Toutes les questions, s’il y en a de nouvelles, me seront posées, j’apporterai toutes les réponses”, a répondu d’avance mercredi matin François Hollande. Il est “serein et fort de sa cohérence”, a assuré en retour son conseiller spécial, le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault. “François Hollande est un homme calme et serein”, a renchéri son ex-compagne Ségolène Royal, qui a affronté Nicolas Sarkozy lors de ce même débat d’entre-deux-tours en 2007.

Mercredi, les deux duellistes ont passé à peaufiner leurs arguments les dernières heures qui les séparaient de ce débat, dont le coup d’envoi est prévu à 21h00 dans un studio de la Plaine-Saint-Denis. Même si son entourage assure qu’un “judoka n’apprend pas ses prises la veille d’une finale olympique”, Nicolas Sarkozy a réuni ses plus proches conseillers à l’Elysée pendant une heure et demie à l’Elysée. Et François Hollande a partagé une “discussion politique” avec son état-major. “Ce n’était pas une répétition de dernière minute”, selon son porte-parole Bruno Le Roux, “il n’est pas centré (que) sur le débat”.

Sous l’arbitrage de Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), les deux finalistes de la course à l’Elysée doivent confronter leurs positions pendant au moins deux heures trente sur, dans l’ordre, les sujets économiques et sociaux, les questions de société, le style de présidence qu’ils veulent incarner puis les dossiers internationaux. Sur le fond, les divergences entre les deux hommes, qui ont déjà débattu à trois reprises en 1998, 1999 et 2005, sont largement connues. François Hollande devrait insister sur l’échec du bilan de son rival en matière d’emploi (chômage à 10%) et d’endettement. Et Nicolas Sarkozy riposter en contestant sa capacité à réduire les déficits et en fustigeant sa volonté d’instaurer le droit de vote pour les étrangers aux élections locales.

Dans le feu de l’affrontement, des allusions aux “affaires” qui ont crispé le climat à l’approche du jour J ne sont pas exclues, de la soirée privée de Dominique Strauss-Kahn avec des proches de François Hollande aux accusations de financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Organisé par TF1 et France 2, ce débat sera diffusé sur BFMTV, i-Télé, LCI et France 24, ainsi que par RTL, RMC, Europe 1, France Inter, France Info et RFI. Une audience potentielle d’au moins 20 millions d’électeurs mais une influence sur l’issue du scrutin annoncée comme marginale.

De mémoire de politologue, les cinq précédents duels de l’entre-deux-tours n’ont fait bouger qu’à la marge l’électorat. Selon les derniers sondages, François Hollande l’emporterait avec 53-54% des voix.

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