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Violences à Grenoble : première mise en examen

Un seul des dix jeunes gens interpellés dans le cadre de deux importantes opérations de police menées ces derniers jours dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble, théâtre de violences urbaines mi-juillet, a été mis en examen et laissé en liberté, tous les autres ayant été relâchés sans poursuite.

Pour la première fois depuis la mort d’un braqueur lors d’un échange de tirs avec la police le 16 juillet, suivie par plusieurs nuits de violence, un jeune homme a été mis en examen mercredi pour “dégradation volontaire par incendie”. Agé de 19 ans et sans antécédents judiciaires, il a été mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour dégradations volontaires par incendie et violences volontaires sur des fonctionnaires de police. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de séjourner à Grenoble, où il réside. Le suspect avait été interpellé et placé en garde à vue mardi lors d’une vaste opération de police dans le quartier de la Villeneuve, la deuxième en moins d’une semaine, qui avait également conduit à l’arrestation de cinq autres jeunes hommes, libérés mardi dans la journée, faute de preuves.

L’opération est “un coup d’épée dans l’eau”, avait estimé mardi devant la presse l’avocat de deux des interpellés, Me Ronald Gallo. “Les enquêtes sur les violences urbaines sont difficiles” en raison “du manque de preuves matérielles”, a expliqué le procureur de la République, Jean Philippe, lors d’un point presse, ajoutant que l’enquête sur les nuits de violence à Grenoble reposait sur “un témoignage verbal anonyme” et “imprécis”. “Ce que nous voulons, c’est retrouver les armes qui sont à la Villeneuve, il y en a encore”, a ajouté le procureur reconnaissant que les perquisitions ne leur avaient “rien amené”.

Une première opération de police dans le quartier de la Villeneuve avait eu lieu le 4 août, à la veille d’une visite du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, mobilisant plusieurs dizaines de membres du GIPN et du Raid, une cinquantaine de CRS et des enquêteurs de la police judiciaire. Quatre hommes, dont deux mineurs, avaient alors été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur le braquage, à la mi-juillet, du casino d’Uriage (Isère) qui s’était terminé par une course poursuite et une fusillade au cours de laquelle un braqueur avait été tué. Les interpellés avaient tous été relâchés, aucune charge n’ayant été retenue contre eux. “Ce sont des opérations très médiatisées alors qu’habituellement, il s’agit du quotidien. Entendre des témoins qui sont proches d’une affaire, c’est courant”, a poursuivi Jean Philippe. “Nous souhaitons, comme le ministère de l’Intérieur, qu’un certain nombre d’affaires sortent, que les coupables soient punis, mais, a conclu le magistrat, nous souhaitons aussi que la justice agisse dans la sérénité et que nous ayons des preuves suffisantes pour permettre de déférer les gens devant elle”.

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