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Volatilité des marchés financiers : la somme de toutes les peurs

Jeudi matin, les marchés reprenaient des couleurs marquant le pas dans leur inexorable chute dans le gouffre de la crise financière. A midi et demi, le Nasdaq reprenait 2,80%, le CAC à lui clôturé en hausse de 2,89% après une journée noire hier marquée par la chute des valeurs des grandes banques françaises.

La volatilité sur les marchés reste cependant très forte.  “L’indice Vix négocié a Chicago exprime le degré de volatilité des marchés. Dans des périodes sans tension, il oscille entre 15 et 20 points, jeudi matin à 10 heures, il est aux alentours de 42” constate Xavier Benferhat trader chez DEPFA BANK à New York. Une volatilité aussi élevée exprime le degré de “panique des investisseurs dans le marché des actions car les mouvements sont erratiques et violents”.

Les banques européennes font peur. Leurs expositions sur les dettes à risque grecque et italienne envoient un signal négatif aux investisseurs. Et pour rajouter de l’huile sur le feu, les rumeurs vont bon train depuis le début de la semaine. La faillite de la Société Générale qui a été annoncée par le quotidien anglais The Mail ou encore la dégradation de la note souveraine française, toutes deux immédiatement démenties entretiennent les investisseurs averses aux risques dans le doute et l’expectative. Deux éléments qui confortent le cercle vicieux de la crise.

Ces rumeurs couplées à des indicateurs économiques moroses, une croissance molle et fort taux de chômage, engendrent un phénomène de « flight to quality » (retour aux valeurs refuges, ndlr). “Les acteurs du marché délaissent les actions plus risquées pour des placements plus sûrs comme l’or, le Franc Suisse et les bons du trésor américain”, commente le trader. L’or, valeur refuge par excellence, crevait de nouveaux plafonds. Le prix d’une once de métal jaune a dépassé pour la première fois les 1 800 dollars en séance jeudi.

Les bons du trésor américain restent l’actif de référence

“La dégradation de la note des USA par Standard and Poor’s le 28 juillet dernier n’a qu’une valeur symbolique”, explique Gaël Vautrin journaliste Financier à La Tribune. “Les bons du trésor américain un actif de référence”, poursuit Xavier Benferhat. “Les taux d’intérêt des bons du trésor à 10 ans américains ont baissé, passant de 2,95 avant le 28 juillet à 2,16 aujourd’hui. Il y a une relation mécanique entre le taux d’intérêt et le prix d’une obligation sur le marché. Lorsque les taux baissent c’est que le prix de l’obligation s’est apprécié. Cette appréciation est elle due à une hausse de la demande ces bons”, démontre Xavier.

Suspicion de crise de liquidité

Cette crise des marché engendrée par la dette n’est pour autant pas encore comparable à celle des subprimes en 2008. “Il y a bien une crise de confiance des investisseurs envers les Etats. Ce qui différe de la crise de confiance que les banques avaient entre elles en 2008”.

La crise des subprime de 2008 était due à la défiance que les banques se portaient. Elles ne voulaient plus se prêter entre elles et se refinancer.Ce qui a conduit à la chute de Lehmann Brother et les nationalisations de Fannie Mae et Freddie Mac

« Aujourd’hui il y a juste une suspicion de crise de liquidité. Les banques européennes ont du mal à emprunter de l’argent sur le marché américain sur de longues maturités. Elles ne peuvent acheter de l’argent que sur des périodes allant de 1 jour à une semaine contre 3 à 6 mois auparavant », conclut Xavier Benferhat.

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