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Washington ordonne à BP de lui soumettre un plan d’urgence

Le gouvernement américain a ordonné à BP de lui soumettre un plan d’urgence visant le cas échéant à rouvrir le puits de pétrole dans le golfe du Mexique sur lequel a été posé un entonnoir après la découverte d’une possible fuite sur le fond marin.

Le groupe pétrolier, qui a annoncé lundi avoir déjà dépensé près de 4 milliards de dollars pour couvrir les coûts engendrés par la marée noire, avait fait savoir la veille que le puits pourrait rester fermé jusqu’à ce qu’il soit définitivement bouché. “Je vous ordonne de me fournir une procédure écrite pour pouvoir ouvrir la vanne d’étranglement aussi vite que possible sans endommager le puits si la fuite d’hydrocarbone à côté du puits est confirmée”, a indiqué dimanche dans une missive au directeur de BP Bob Dudley l’amiral Thad Allen, responsable des opérations de lutte contre la marée noire pour l’administration. “Etant donné les observations actuelles du test, y compris une fuite détectée à une certaine distance du puits, ainsi que des anomalies indéterminées à sa tête, la surveillance des fonds marins est de la plus haute importance pendant la période de test”, a dit l’amiral.

Tout laissait penser jusqu’à présent que le puits serait partiellement ou complètement rouvert à l’issue d’une période de tests de quelques jours en attendant les puits de dérivation. Pour la première fois dimanche, BP a annoncé que le puits pourrait rester fermé jusqu’à qu’il soit définitivement bouché. “Nous ne voulons pas déverser à nouveau du pétrole dans le golfe si ce n’est pas nécessaire”, a expliqué le directeur d’exploitation de BP, Doug Suttles. “Nous avons bon espoir –si les indicateurs restent aussi encourageants– de pouvoir poursuivre notre test de résistance jusqu’à ce que le puits soit tué” et donc de laisser le puits fermé, a-t-il poursuivi.

BP a fermé le puits jeudi et pour la première fois depuis le début de la catastrophe le 20 avril le brut a cessé de se déverser par millions de litres dans les eaux du golfe.“Le puits reste fermé et la pression continue de monter lentement”, ce qui est “un très bon signe”, a déclaré M. Suttles, au 90e jour de la catastrophe.
La compagnie travaille sur deux puits de dérivation qui doivent intercepter le puits principal à plusieurs km sous terre et permettre de le “tuer” définitivement en le colmatant à l’aide de béton. Cette opération extrêmement complexe est prévue entre fin juillet et la mi-août. D’ici là, la possibilité que, emprisonné dans le puits, le pétrole comprimé ne finisse par créer des brèches et par se répandre à nouveau dans l’océan constitue la principale inquiétude des autorités et des ingénieurs de BP.
La marée noire après le naufrage le 22 avril de la plate-forme de BP Deepwater Horizon, empoisonne la vie de tous les habitants des zones touchées, Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride, qui vivent de la pêche et du tourisme. Le président du comté de Plaquemines en Louisiane, “Billy” Nungesser, se réjouissait toutefois samedi que pour la première fois, “nous avons récupéré plus de pétrole qu’il ne s’en est déversé”. Par ailleurs, BP a annoncé lundi que la marée noire lui avait coûté 3,95 milliards de dollars jusqu’ici (soit plus de trois milliards d’euros) en frais divers, y compris les dédommagements déjà versés. Cette somme inclut l’ensemble des dépenses effectuées par le groupe pour contenir et nettoyer le pétrole, le forage de puits de secours, les sommes versées aux Etats riverains et aux autorités fédérales, a détaillé BP dans un communiqué.

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