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Washington pour un soutien accru de Paris et Londres aux rebelles syriens

Les Etats-Unis verraient d’un bon oeil un soutien accru de la France et du Royaume-Uni aux rebelles syriens, a indiqué jeudi la diplomatie américaine, mais sans se prononcer explicitement pour une levée de l’embargo européen sur les armes réclamée par Paris et Londres.

“Nous soutiendrions certainement toutes sortes d’appui à l’opposition syrienne dont parlent publiquement la France et le Royaume-Uni”, a déclaré lors de son point de presse la porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland. La diplomate était interrogée sur la volonté exprimée par Paris et Londres de lever rapidement l’embargo de l’Union européenne (UE) afin de pouvoir livrer des armes aux rebelles syriens. “Il revient évidemment à l’UE de décider, mais nous savons que certains gouvernements veulent faire plus et nous les encourageons à continuer de discuter au sein de l’UE pour qu’ils puissent faire davantage”, a répondu Mme Nuland.

Mais la porte-parole de la diplomatie américaine, dont le pays refuse d’armer l’opposition syrienne et s’en tient à une aide non létale, est restée équivoque sur la question spécifique d’éventuelles livraisons d’armes par les alliés européens. Les pays européens “parlent d’un allègement de l’embargo sur les armes (…) pas d’une levée de l’embargo”, a précisé Mme Nuland, assurant que “les choses dont parlent certains de nos alliés restent à ce stade dans la catégorie non létale”.

La France et la Grande-Bretagne ont prôné jeudi une levée rapide de l’embargo européen pour pouvoir livrer des armes aux rebelles syriens. “Nous souhaitons que les Européens lèvent l’embargo. Nous sommes prêts à soutenir la rébellion, donc nous sommes prêts à aller jusque-là. Nous devons prendre nos responsabilités”, a déclaré le président français François Hollande à Bruxelles.

Selon son chef de la diplomatie Laurent Fabius, Paris et Londres demandent aux Européens de lever l’embargo “maintenant” afin que les “résistants” puissent se défendre. Et si l’embargo n’est pas levé, il a laissé entendre que la France, “nation souveraine”, serait prête à s’en affranchir. Le Premier ministre britannique David Cameron a aussi indiqué que son pays pourrait se désolidariser de l’embargo de l’UE.

Hollande veut une décision sur les armes “dans les prochaines semaines”

Le président français François Hollande a souhaité vendredi que les Européens prennent “dans les prochaines semaines” une décision sur la levée de l’embargo sur la fourniture d’armes aux forces d’opposition syriennes. “Des armes sont livrées par des pays, dont la Russie, à Bachar al-Assad et son régime. Nous devons en tirer toutes les conclusions et l’Europe doit prendre sa décision dans les prochaines semaines”, a déclaré M. Hollande devant la presse à l’issue du sommet européen. Il a précisé que “toutes les conséquences de la levée de l’embargo” seront examinées par les ministres des Affaires étrangères au cours d’une réunion prévue de longue date les 22 et 23 mars à Dublin.

Selon M. Hollande, les Européens auront “peut-être une décision à prendre” avant la fin du mois de mai, date à laquelle le régime de sanctions contre la Syrie doit être abandonné ou prolongé, car “la situation évolue” sur le terrain. Il a estimé que la chancelière allemande Angela Merkel n’était pas hostile par principe à la levée de l’embargo mais qu’elle voulait en “regarder toutes les conséquences”. “Le plus grand risque, ce serait de ne rien faire, de laisser faire (…) Ce serait le chaos (…) Le plus grand risque, c’est l’inaction”, a prévenu le président français. “C’est en prenant une décision qu’on réduit les risques. Sur les armes, mieux vaut les contrôler que de les laisser circuler ce qui est le cas aujourd’hui”, a-t-il ajouté.

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