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WikiLeaks publie une nouvelle série de documents militaires américains

Le site WikiLeaks, fondé par Julian Assange, a commencé à publier jeudi une centaine de documents émanant du ministère américain de la Défense, dont un manuel sur le traitement des prisonniers dans le centre de détention de Guantanamo.

Cette nouvelle série de publications intervient alors que Julian Assange vit toujours reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres où il est réfugié depuis la mi-juin pour tenter d’échapper à son extradition vers la Suède dans une affaire de viol et d’agression sexuelle présumés. Ces documents, regroupés sous le titre “Politiques sur les détenus”, concernent “les règles et procédures concernant les détenus dans les prisons militaires américaines”, dont celle d’Abou Ghraib en Irak et le centre de détention de Guantanamo, indique WikiLeaks dans un communiqué.

Le manuel de 2002 pour le personnel du Camp Delta de Guantanamo, ouvert au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, est d'”une grande importance historique”, a estimé Julian Assange, cité dans le communiqué. “Guantanamo est devenu à juste titre le symbole d’un système occidental de violation des droits de l’Homme”, a-t-il dénoncé. “Ces documents soulignent la nécessité d’un examen approfondi de la manière dont les détenus sont gérés par le gouvernement américain”, a déclaré Suzanne Nossel, directrice d’Amnesty International USA. “En dépit de certaines réformes et des discours de l’administration Obama, les droits de l’Homme continuent d’être violés au nom de la sécurité nationale — y compris les détentions sans inculpation, les audiences devant d’injustes tribunaux militaires d’exception et l’impunité face à la torture”.

“Pour démontrer vraiment que l’administration Obama s’engage de manière authentique sur les droits de l’Homme et sur l’état de droit, le voile doit être levé sur la loi du secret qui cache au grand public les abus concernant les droits de l’Homme et couvre les responsables”, ajoute Amnesty dans un communiqué. “Si personne ne rend des comptes sur les crimes du passé, cela laisse entendre que certaines personnes sont au-dessus des lois et cela rend encore plus probable que certaines infractions continueront d’être commises”, estime l’organisation américaine. Ces archives, que WikiLeaks va diffuser par ordre chronologique pendant un mois, incluent aussi notamment des documents sur l’ancienne prison américaine de Camp Bucca en Irak et des manuels d’interrogatoires de détenus.

Ces documents “montrent les excès des premiers jours d’une guerre contre un +ennemi+ inconnu et comment ces politiques ont mûri et évolué vers un état d’exception permanent dans lequel les Etats-Unis se retrouvent aujourd’hui, une décennie plus tard”, juge Julian Assange. WikiLeaks avait déjà suscité la colère de Washington en diffusant à partir de 2010 des rapports confidentiels de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan et de quelque 250.000 télégrammes diplomatiques américains. Julian Assange s’oppose à son extradition vers la Suède car il redoute d’être ensuite à nouveau extradé vers les Etats-Unis.

Quito, qui a accordé l’asile politique à Julian Assange dans son ambassade, affirme que la santé de l’Australien de 41 ans s’est “détériorée” et accuse le Royaume-Uni d’en être responsable. Le Foreign Office a indiqué jeudi que Londres “ne l’empêcherait pas de recevoir les soins médicaux dont il aurait besoin”, sans davantage de précision.

 

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