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WikiLeaks se débat pour rester ouvert

WikiLeaks, dont le fondateur Julian Assange est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, se démenait samedi pour rester en ligne, alors que le président afghan Hamid Karzaï disait douter de la crédibilité des notes diplomatiques américaines publiées par le site.

Après une brève interruption, l’adresse internet en Suisse du site WikiLeaks, qui publie depuis le 28 novembre des télégrammes diplomatiques américains, fonctionnait de nouveau samedi. “Deux heures après la désactivation” de cette adresse par le fournisseur américain de noms de domaine EveryDNS.net, “nous avons acquis un tas de serveurs DNS (systèmes de noms de domaine) disponibles”, a annoncé le Parti des pirates suisse, qui soutient WikiLeaks au nom de la liberté sur internet. Il a aussi dressé la liste de 21 adresses internet où l’on peut consulter WikiLeaks.
Le site spécialisé dans la publication de documents secrets est visé depuis plusieurs jours par des attaques informatiques massives, qui ont grandement perturbé son accès. Qui plus est, WikiLeaks pourrait être affaibli par la décision du service de paiement en ligne PayPal, basé aux Etats-Unis, de bloquer les transferts financiers au bénéfice de WikiLeaks. PayPal a justifié sa décision par sa “politique commerciale (…) qui interdit l’usage” de son service “pour encourager, promouvoir ou faciliter toute activité illégale”.

Au plan politique, le président afghan a mis en doute l’authenticité des télégrammes américains. “Doit-on les croire, ou ne pas les croire… Je serais porté à ne pas les croire”, a-t-il déclaré à Kaboul.
Des notes publiées cette semaine sont extrêmement critiques envers le chef de l’Etat afghan, décrit comme “faible” et partie prenante d’un régime très corrompu. La dernière livraison de télégrammes est aussi très gênante pour Londres. Ils indiquent que des membres du gouvernement conservateur avaient promis aux Etats-Unis plus de contrats militaires une fois au pouvoir, alors qu’ils étaient encore dans l’opposition.

Mais le pays le plus irrité par la diffusion de ces documents reste incontestablement les Etats-Unis. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a confié samedi qu’elle devrait continuer pendant “des semaines” à contacter des dirigeants étrangers exaspérés par les fuites, pour tenter de les rassurer.
Parallèlement, des tentatives pour limiter l’accès à WikiLeaks se poursuivaient aux Etats-Unis. Et l’armée a annoncé avoir mis en ligne sur le réseau internet utilisé par ses troupes en Irak un avertissement contre la consultation des documents publiés par WikiLeaks.

La Maison Blanche a aussi ordonné aux organismes gouvernementaux américains de prendre des mesures pour que leurs employés ne puissent plus avoir accès à WikiLeaks depuis leurs ordinateurs professionnels, sauf autorisation spéciale.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, reste quant à lui visé par un mandat d’arrêt international émis par la Suède, dans une affaire privée, mais dont les développements coïncident avec la publication des notes diplomatiques. M. Assange, de nationalité australienne, est recherché dans une affaire de viol en Suède et se trouverait en Angleterre. Son arrestation pourrait avoir lieu “la semaine prochaine”, a rapporté samedi le quotidien britannique Times, citant des sources policières, après que la Suède a annoncé vendredi avoir complété son mandat d’arrêt pour supprimer un vice de forme relevé par Scotland Yard.
L’un des avocats londoniens de M. Assange, Mark Stephens, a précisé samedi à l’AFP qu’il fallait une dizaine de jours environ entre le moment où le mandat d’arrêt était émis et le moment où il était reçu par la police britannique. A moins que M. Assange “ne soit traité de façon différente”, a-t-il ajouté.

 

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