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Xavier de Eizaguirre, de Vinexpo: “Les vins français restent une référence dans le monde”

Vinexpo, le plus grand salons français des vins et des spiritueux aura lieu à Bordeaux du 19 au 23 juin prochain. Pour présenter l’événement et une étude sur le marché américain, Xavier de Eizaguirre, vice-président du conseil d’administration du salon, était à New York mardi dernier. Entretien.


Suite à l’étude réalisée pat The International Wine and Spirit Research  à la demande de Vinexpo, on constate que la France perd de son influence dans le monde du vin. Comment l’expliquez-vous ?

Les vins français souffrent aux Etats-Unis au bénéfice des vins d’Afrique du Sud, d’Argentine ou du Chili. Mais,si la France perd sa position en terme de volume exporté, elle reste leader en terme de valeur, avec une offre très vaste de bouteilles de quelques euros à plusieurs centaines.

A quels problèmes doit faire face la production française ?

La principale difficulté reste pour les produits d’entrée de gamme et de moyenne gamme. Il y a trente ans, mes bouteilles françaises étaient dans une situation quasi monopolistique. Aujourd’hui, les vignerons du Nouveau Monde font des vins de qualité à des prix plus compétitifs que les nôtres. Nous avons également un vignoble morcelé et diffus avec une législation très contraignante, où les coûts de production sont très élevés. Est-ce un problème ? Je ne suis pas sûr. Il faut juste que chacun fasse bien son métier. Plutôt que d’essayer de se rentrer en compétition avec le Nouveau Monde, il faut se concentrer sur ce que nous savons faire…

Comment les producteurs français peuvent-ils tirer leur épingle du jeu dans ce marché mondial ?

La chance, c’est que les vins français restent une référence dans le monde. Lorsqu’on est un buveur de vin, on ne cesse jamais d’aller vers le haut en qualité de crus. Il y a donc un moment où les bouteilles françaises reviennent dans les habitudes de consommation, pour leurs qualités difficilement égalables. Les amateurs rechercheront toujours la différenciation. Chacun est capable de trouver sa place, mais il faut aussi accepter cette concurrence des pays du Nouveau Monde qui a permis une remise en question dans nos vignobles. On sait désormais qu’il faudra être plus innovant sur le packaging et la qualité des produits pour éviter d’être “ultra poussiéreux”.

Dans l’étude que vous avez commandée, la Chine fait souvent son apparition dans le top dix des producteurs, des consommateurs ou des importateurs.  Quelle va être l’influence de ce pays sur le marché du vin dans les années à venir ?

La Chine est un acteur qui en l’espace de cinq ans est passé d’un pays qui n’existait sur la carte du monde des vins à un des principaux producteur et consommateur. C’est un phénomène qui s’explique par l’extension colossale de la production de vin domestique, l’explosion de la consommation de vins importés et bien sûr le développement de la classe moyenne. La Chine fait partie des potentiels extraordinaires où il va y avoir un énorme marché tout comme la Russie, le Brésil ou l’Inde, qui n’a pas encore émergé.

Avec une hausse de consommation estimée à près de 6,5 % d’ici 2014, le rosé semble plus en plus apprécié dans le monde….

On buvait généralement du rosé en France ou autour du bassin méditerranéen et en été. On est passé de cette consommation localisée et restreinte dans le temps à une consommation mondiale et à toute les saisons, notamment grâce à l’arrivée des jeunes et au monde de la nuit. Aujourd’hui, on boit également moins alcoolisé et plus léger. Tous les rosés ne sont pas les mêmes. Une réglementation européenne veut que le vrai rosé soit fait par saignée, c’est-à-dire que ce soit un vin qui ait le corps et la croissance d’un rouge, mais qui n’ait ni le développement gustatif ou le tanin d’un rouge. Cela reste cependant une exception, car sur le marché beaucoup de rosé sont fait par assemblage de vin rouge et de blanc.

Pour en savoir plus:

http://www.vinexpo.com/

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