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Xbox Music à Paris, comment Microsoft fait le pari de la décentralisation

Pour Xbox Music, son service de musique en ligne destiné à concurrencer iTunes, Spotify ou encore Deezer, le géant américain Microsoft a pour la première fois fait le pari de développer hors des Etats-Unis, à Paris, un produit d’envergure internationale.

Dans les immenses locaux de Microsoft France à Issy-les-Moulineaux, une unité de 200 personnes est entièrement dédiée à Xbox Music, lancé il y a deux mois et disponible dans 35 pays.

“On recense 24 nationalités et 20 langues parlées pour les 200 ingénieurs, développeurs et éditeurs de la division”, résume Jamel Gafsi, responsable du Microsoft Engineering Center de Paris, qui souligne que la majorité des employés sont Français. Les personnes recrutées sont issues de grandes écoles, comme Polytechnique par exemple. “En peu de temps, nous avons réussi à attirer de jeunes grands talents, la moyenne d’âge de l’équipe est de 30-32 ans”, souligne M. Gafsi.

Xbox Music est une plateforme de téléchargement, d’écoute gratuite ou payante de musique, qui propose un catalogue de 30 millions de titres. Le service est disponible depuis la console de jeu Xbox 360 mais également sur les appareils (ordinateurs, tablettes, smartphones) fonctionnant sous système d’exploitation Windows 8 et Windows Phone 8.

Le produit est entièrement développé depuis la France, qui gère également les aspects techniques et commerciaux, comme les négociations avec les ayants droit musicaux des 35 pays couverts. “C’est la première fois que Microsoft fait le pari de lancer et développer ailleurs qu’à Redmond (ville près de Seattle où est basé Microsoft) un produit d’envergure internationale. Nous sommes le plus grand centre en Europe de la division Interactive Entertainment Business (dédiée au divertissement)”, souligne Jamel Gafsi.

“Attirer les talents ailleurs qu’aux USA”

“Bien sûr il y a toujours un risque dans un pari, mais nous avons amplement réussi à prouver que c’était possible, nous sommes une équipe à part entière. Nous avons tous les avantages de l’esprit et de l’agilité d’une start-up, avec les facilités d’un grand groupe établi”, selon lui. “Paris, cela a été un concours de circonstances, il y avait cette volonté de Microsoft de décentraliser des activités d’ “Entertainment” pour avoir de la valeur ajoutée, et pour attirer des talents ailleurs qu’à Redmond”, ajoute-t-il. Mais une telle indépendance a aussi un prix et implique “beaucoup de communication avec le siège, et beaucoup de voyages à Redmond”, admet M. Gafsi.

Un des responsables de son équipe dit ainsi consacrer “une semaine par mois, parfois plus” à des déplacements au siège américain, sans compter les journées décalées en raison des 9 heures d’avance que compte Paris sur Redmond: “Les contacts et le travail avec les Etats-Unis commencent vraiment à 17H”, explique-t-on.

Et si Xbox Music n’a que deux mois d’existence, “en ligne de mire, il y a iTunes comme concurrent à l’international. On n’en est pas encore à les concurrencer, on a nos atouts, ils ont les leurs, c’est un enjeu de quelques années. Il n’y a pas ou Apple ou nous, il y a de la place pour chacun”, estime Jamel Gafsi.

Parmi ses atouts, Microsoft peut en déjà compter sur les 70 millions de consoles Xbox en circulation dans le monde, et le fait que cette dernière n’est plus uniquement dédiée au jeu mais aussi à la vidéo, la musique et la télévision.

“Le consommateur va se connecter de plus en plus autour du poste de télévision, et nous voulons que la Xbox ait une place de choix dans le salon, qu’elle devienne le meilleur endroit pour se divertir et un vrai écosystème entre musique, vidéo et jeux”, résume Jamel Gafsi.

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