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Yaël Naim et David Donatien

Après la comédie musicale Les 10 commandements qui l’a révélée en France et un premier opus qui n’avait pas trouvé son public, Yaël Naim connaît le succès avec un sublime deuxième album, réalisé avec David Donatien. Le premier single New Soul, chanson utilisée pour la publicité pour le MacBook Air d’Apple, a fait de ce disque un hit mondial. Rencontre non loin de Times Square à New York avec le célèbre duo…


France-Amérique : Lors de votre concert à New York cet été, le public attendait particulièrement la chanson New Soul. Dès la première note, ils se sont mis à crier…

Yaël Naim : La chanson passe souvent à la radio. La publicité pour le MacBook Air d’Apple a permis de démarrer aux États-Unis, puis au Japon et ensuite ailleurs. Un jour, par accident, j’ai juste joué la première note et le public a su tout de suite que c’était New Soul. Je trouve étonnant de faire un do et que les gens se mettent à hurler. Depuis, nous le faisons partout et ça nous fait bien rire.
David Donatien : Nous avons réalisé un album très intime et personnel. Le fait que des gens viennent nous voir en concert est incroyable. Que ce soit aussi loin de la France est encore plus surprenant. Et pour en finir avec New Soul, il y a quand même eu un million de singles vendus uniquement aux États-Unis. Ce n’est donc pas étonnant qu’ils l‘attendent.


F.-A. : Comment est née New Soul ?

Y.N. : Un jour, une copine qui croit à la réincarnation m’a dit que je faisais du mal à mon karma. Je me suis alors dit que j’étais peut-être prétentieuse. Je pensais être une vieille âme et j’avais des certitudes par rapport à ce qu’allait être ma vie. Mes premières années à Paris m’ont vraiment montré que je devais être plus modeste et que c’était peut-être bien ma première fois sur terre. New Soul est née à partir de ce sentiment. En moins de trois heures, la chanson était écrite et maquettée. Le lendemain, je l’ai fait écouter à David et nous l’avons enregistrée pour l’album. David avait une vision très précise par rapport à l’arrangement et comme d’habitude, nous avons bataillé chacun pour nos idées et pour nous mettre d’accord (rires).

« La liberté fait partie de nous »


F.-A. : David, comment êtes-vous arrivé sur le projet de Yaël ?

D.D. : Nous nous sommes rencontrés en répétition sur le projet d’une autre chanteuse. Yaël l’accompagnait au piano. Elle ne chantait pas et je ne la connaissais pas. Un jour, nous avons improvisé et je me suis rendu compte que Yaël était une chanteuse et une musicienne accomplie. Elle m’a alors fait écouter cinq morceaux qu’elle avait composés, chantés et enregistrés chez elle. J’étais impressionné et je lui ai dit de continuer à travailler de façon modeste. Très vite, nous en sommes venus à travailler tous les deux.

F.-A. : C’est pour ça que vous avez décidé de mettre le nom de David sur la version américaine de l’album ?
Y.N. :
Ce projet, personnel à la base, est devenu un projet commun. Au niveau musical, c’est la rencontre de nos deux couleurs et de nos deux langages. Il n’aurait pas existé sans cette collaboration, nous avons donc décidé de mettre nos deux noms sur l’album.
D.D. : Quand l’album est sorti en France, il n’y avait que le nom de Yaël. Désormais, les deux noms sont sur la pochette, dans le monde entier et même en France. Ce sont les chansons de Yaël, mais nous sommes deux à les porter.

F.-A. : Etes-vous fiers d’avoir mis l’hébreu en musique ?
Y.N. : Je suis très heureuse de pouvoir montrer ce que j’ai de plus intime en moi et que ce soit bien reçu. David a la conviction qu’on doit être soi-même dans la musique. Le chemin le plus simple n’est pas forcément celui sur lequel on s’engage.
D.D. : Aujourd’hui, la musique anglaise est partout. L’hébreu avait cette particularité d’exister en dehors de cette masse. Notre musique et l’émotion qui s’en dégage sont universelles.


F.-A. : Comment est venue l’idée de reprendre la chanson Toxic de Britney Spears ?

Y.N. : Nous n’avons pas eu de réaction de la part de Britney Spears (rires). J’avais envie de reprendre une chanson à l’opposé de mon univers musical. J’ai alors commencé à travailler sur Toxic en enlevant tous les arrangements pour voir si quelque chose d’intime et mystérieux pouvait s’en dégager. Ça nous a étonné qu’une chanson de Britney Spears puisse rejoindre à ce point notre univers.


F.-A. : Vous avez signé avec le label Tôt ou Tard par souci de liberté ?

D.D. : C’est le mot d’ordre de notre collaboration. On a construit l’album à deux dans l’appartement de Yaël, sans maison de disques. La liberté fait donc partie de nous. Signer avec une « Major » (maison de disques, ndlr) n’était pas le but ni l’ambition. Tôt ou Tard était vraiment ce que nous voulions.

« J’écris ce que je vis depuis que j’ai douze ans »


F.-A. : Vos chansons abordent trois thèmes : la période à Paris, la rupture et la remise en question. Pourquoi ?

Y.N. : Je fonctionne à l’instinct. J’écris ce que je vis depuis que j’ai douze ans. J’ai composé cet album après une rupture amoureuse en Israël. C’était une relation longue distance, c’est pour cela qu’il est toujours question de ce lien entre Israël et Paris. Il se passait beaucoup de choses pour moi à Paris, mais je ne me permettais pas de construire et d’établir des racines sur place. Mon premier album était un échec, c’était une période assez dure. New Soul est le reflet d’un nouveau bonheur, une façon de regarder le passé et de lui dire la la la (rires). C’est à ce moment que j’ai pu me sentir bien à Paris.

F.-A. : Vous portez un amour particulier à Paris ?
Y.N. : J’ai appris à comprendre cette ville en y restant et j’en suis tombée amoureuse. Au début, j’étais très seule. Mais j’ai fini par découvrir que c’est un endroit où il y a beaucoup de cultures et d’ouverture d’esprit, beaucoup de place pour l’art aussi, beaucoup de respect entre les gens et où l’amitié est une chose très profonde. C’est une ville à taille humaine.

F.-A. : Que représentent les États-Unis pour vous ?
Y.N. : Quand j’étais enfant, je rêvais de l’Amérique. Mais malgré tous les avantages et la magie de New York, je me rends compte que je n’aimerais pas y vivre. Mon côté petite fille est contente de jouer ici, mais mon côté adulte est bien conscient qu’à New York ou ailleurs, c’est la même chose.


F.-A. : Où en êtes-vous du prochain album ?

Y.N. : Il est sur l’ordinateur et nous attend (rires). J’enregistre toutes mes chansons seule. Elles sont donc à l’état de maquette, il ne manque que le travail de production : le son, les arrangements, les détails. Enregistrer une chanson pour s’en faire une idée n’est pas un problème. Le vrai travail des choix et de l’émotion est plus long. C’est quelque chose que je n’arrive pas à réaliser seule et que j’aime faire avec David.
D.D. : Yaël a un réservoir de morceaux inépuisable. Il y a peut-être entre 100 et 150 chansons de côté. Elle écrit beaucoup plus vite qu’elle n’enregistre.

Infos pratiques

Yaël Naim de Yaël Naim et David Donatien (Atlantic Records, US – Tôt ou Tard, France)

Yaël Naim et David Donatien seront en concert le 27 octobre prochain au Webster Hall à New York.

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