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«Yvon’s Paris», à l’aube de la modernité

Péniches dans la brume, bouquinistes des quais de Seine, gargouilles de Notre Dame surplombant la cité. 70 clichés en noir et blanc d’Yvon, rassemblés par l’historien Robert Stevens dans l’ouvrage Yvon’s Paris, inscrivent le Paris d’avant-guerre dans l’imaginaire collectif.

Une séance d’autographes par l’historien de la photographie américain Robert Stevens est prévue samedi 18 décembre à l’Invisible Dog de Brooklyn.

On connaît Yvon, alias Pierre Yves Petit (1886-1969), pour ses photographies à l’esthétique de carte-postales. On connait moins Yvon photographe de scènes urbaines, faisant jaillir de l’obscurité des personnages du quotidien. Marchandes de fleurs, pêcheurs à la ligne. Les clichés d’Yvon’s Paris, qui font l’objet d’une exposition à la galerie Higher Pictures de New York, montrent des Parisiens ordinaires dans un décor extraordinaire. Sur le pont des péniches qui remontent la Seine, se détachent les silhouettes fantomatiques de bateliers en ombres chinoises. Les bords du Canal St Martin, noyés dans la brume, prennent un aspect fantastique.

Contemporain de Méliès, Yvon possédait un sens intime du cadre, de l’ambiance et des lumières. «La luminosité de ses photos est unique», affirme Robert Stevens, 56 ans, historien de la photographie et membre du corps professoral du Centre International de la Photographie. Dans sa préface à l’ouvrage, Roberts Stevens résume l’approche du photographe : il n’aimait pas prendre des photos dans le soleil de midi. Yvon préférait la météo maussade et les plans d’eaux. « Yvon aimait les reflets de la ville après la pluie, les jours de neige, à la tombée de la nuit». Dans un interstice de lumière, entre deux nuages, on devine les hauteurs de Montmartre.

Capteur d’images panoramiques

Yvon a capturé la capitale à l’angle panoramique. Son Paris se découvre dans la perspective d’une gargouille de pierre surplombant la cathédrale de Notre-Dame. Editées en cartes postales et diffusés dans chaque échoppe touristique de la capitale, ses  images sont devenus des icônes. On leur préfèrera peut-être cette photographie en contre-plongée d’un homme perché sur une échelle, arrosant d’eau les bacs à fleurs géants du jardin des Tuileries…jaillie d’un autre temps. Si le Paris d’avant et d’après-guerre a été sublimé par Jean-Eugène Atget, André Kertész ou Brassaï. Yvon, lui, a fixé sur la pellicule l’image d’un Paris sur le point de disparaître  sous les coups de boutoir de la modernisation.

L’exposition new-yorkaise « Yvon’s Paris: Vintage Photographs from the 1920s », qui regroupe 40 photographies d’époque en noir et blanc, est la toute première présentation de ses travaux. Plus de quarante ans après sa mort, elle sonne comme une reconnaissance posthume de son talent. Quant à la richesse de l’album Yvon’s Paris, écrit par Robert Stevens, elle tient à la double nature de la photographie d’Yvon, à la fois œuvre et document. Qu’on soit sensible à la photographie, à Paris ou à son histoire, chacun devrait trouver une bonne raison de se promener à travers les pages de ce bel ouvrage et de se laisser émouvoir par la beauté de ce Paris éphémère, noyé dans le brouillard.

Infos pratiques

«Yvon’s Paris: Vintage Photographs from the 1920s », jusqu’au 29 janvier 2011.

Higher Pictures

764 Madison Avenue (between 65th/66th street)
New York, NY 10065
Tél.212.249.6100 www.higherpictures.com

Yvon’s Paris, Robert Stevens. Editions WW & Company, 144 pages, 40$. Une séance de dédicace  de l’ouvrage par Robert Stevens se tiendra à l’Invisible Dog, à Brooklyn, samedi 18 décembre de 16h à 18h.

 

 

 

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