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Fabrice Sergent

Cellfish.com est le dernier coup de génie du cyberboss parti à la conquête de l’Amérique.

C’est l’histoire d’un homme avide de création. A 10 ans, Fabrice Sergent fonde un journal, à 17 il crée le premier festival de BD en France et sept ans plus tard il bouscule le monde de l’Internet dans l’Hexagone. Employé du groupe Lagardère, il lance le premier fournisseur d’accès Club Internet en 1995, qui sera revendu en 2000 à Deutche Telecom pour 1.2 milliard d’euros ! Onze ans plus tard, sa passion d’entreprendre est intacte. Le 1er juillet dernier, il a lancé simultanément en France et aux États-Unis Cellfish.com, le premier portail internet d’édition et de distribution de contenu pour la téléphone mobile. "Ma curiosité pour l’innovation me tient depuis tout petit", précise Fabrice, "mon père, dirigeant d’entreprise, y est sûrement pour quelque chose !".

Passionné par les médias, c’est dans l’univers des nouvelles technologies que Fabrice Sergent a fait carrière. Le coup de foudre opère en 1992. Parti étudier dans le Michigan, il découvre l’Internet. A l’époque simple moyen de stockage de données et de communication entre les universités, Fabrice se rend très vite compte du potentiel que le Réseau représente. "J’ai immédiatement pensé média. Valeurs d’ouverture, de transmission, de tolérance et de respect de l’autre, pour moi Internet incarnait tout à la fois", souligne-t-il avec emphase. Depuis cette révélation, il pense, respire, mange, bref vit Internet. Après avoir simplifié l’accès des Français à la toile depuis un ordinateur, il s’intéresse à un nouveau support : le téléphone mobile. Avec le site Cellfish.com, Fabrice Sergent entend développer une intéractivité entre Internet et les téléphones portables.

Sûr de lui, c’est le sourire aux lèvres qu’il nous embarque dans sa nouvelle aventure. Cellfish.com voit le jour en 2006. À ses débuts le site permet essentiellement d’acheter du contenu pour portable, sonnerie de téléphone, fond d’écran ou jeux vidéo. Mais le jeune entrepreneur veut aller plus loin. Il entend créer la première "marque mobile". Ainsi Cellfish.com a établi des partenariats exclusifs avec des artistes, ou des producteurs de série animée. Plus qu’un simple magasin, le portail devient créateur de contenu. Depuis le 1er juillet il permet à chacun de créer un blog et de disposer d’un "coffre-fort virtuel". Photos, vidéos, chansons achetées ou bien téléchargées peuvent ainsi être stockées.

L’autre particularité du portail est l’aspect communautaire. Chaque utilisateur du site peut "piocher" dans le locker du voisin. Seul prérequis, avoir souscri une inscription gratuite sur cellfish.com. "Le portail est le meilleur moyen pour vivre les évènements en direct", explique Fabrice Sergent. Ainsi, il espère toucher les passionnés du social networking et les fans de contenu pour mobile. "Prenons un exemple simple. Votre soeur accouche, son mari prend une photo de l’enfant et la poste sur cellfish. L’instant d’après les membres de son répertoire seront avertis par texto de l’envoie d’une nouvelle photo sur cellfish".

Pour mesurer le potentiel d’un tel site, il faut se pencher sur les chiffres. "Le mois dernier, cinquante millions d’Américains ont utilisé la fonction appareil photo de leur téléphone mobile, vingt millions la fonction vidéo. Dans un an, un milliard de cameraphones* seront en circulation", relève Fabrice Sergent, "toutes les classes sociales sont concernées. Aux États-Unis la pénétration des téléphones mobiles est de 73%, en France de 110%". Ce dernier compte également sur l’amélioration de la qualité de l’Internet mobile. "Dans trois ans il sera plus aisé de se connecter au réseau à partir d’un téléphone que d’un ordinateur", prédit-il.

Aujourd’hui, Fabrice sergent détient 20% des parts de marché en France, 7% aux États-Unis. Alors pourquoi être basé à New York ? "À terme le marché américain représente plus d’opportunités, il est appelé à devenir notre marché principal. Pour s’implanter dans le pays la présence physique est obligatoire". L’entreprise emploie une soixantaine d’Américains et compte sur le soutien de plusieurs partenaires locaux. Pour autant Fabrice n’oublie pas son pays natal. "J’aime la langue française, la nourriture, l’art de vivre et le génie de notre pays", souligne-t-il. "Je reste persuadé que je sers la France en travaillant aux États-Unis."

Mais au fait, pourquoi Cellfish ? "C’est un jeu de mot. Cell signifie portable en anglais, Cellfish est l’homonyme de Selfish qui veut dire égoïste. Aujourd’hui chacun est son propre rédacteur en chef, notre portail doit être une personalisation de ce que l’on est", développe Fabrice. Pour améliorer la qualité de son service, le Français mise sur les suggestions des utilisateurs. En octobre prochain, un nouveau cap sera franchi. Portable volé, cassé, introuvable ? Cellfish. Com proposera à ses utilisateurs de sauvegarder, en plus des photos et vidéos, l’ensemble des données personnelles de son téléphone : répertoire, textos et mémos, dans son coffre-fort virtuel.

*téléphone avec une fonction vidéo

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