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Fin de la gratuité : les parents de San Francisco en colère

La fin de la prise en charge des frais de scolarité (PEC) annoncée quelques semaines avant la rentrée a provoqué l’ire de nombreux parents français aux Etats-Unis. A San Francisco, des familles se sont alliées afin de trouver une solution rapide.

Pour Rosaura Valle, les vacances d’été n’ont rien de reposant. Comme de nombreuses familles françaises aux Etats-Unis, elle a appris avec stupéfaction que la rentrée scolaire de sa fille – en terminale au Lycée Français La Pérouse de San Francisco – s’accompagnerait d’une facture salée : 23 300 dollars. La promesse de la députée PS d’Amérique du Nord, Corinne Narassiguin, de mettre fin à la prise en charge des frais de scolarité (PEC) n’a pas tardé à être tenue. Un peu trop tôt au goût des parents d’élèves. Dans une lettre envoyée à la députée ainsi qu’à la ministre chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway, trente familles du Lycée Français La Pérouse demandent le report de la mesure à la rentrée 2013. “Nous ne discutons pas la suppression de la PEC ou son maintien, précise le document. Nous demandons de repousser la date de la mise en vigueur de cette décision”.

La suppression rapide de la PEC a pris de cours les parents, mais aussi Corinne Narassiguin, qui avait demandé dans un premier temps la mise en place de la mesure pour la rentrée 2013 afin de ne pas mettre en difficulté les familles à moins de deux mois des premiers jours de classe. D’autant que la révision du barème des bourses, qui devait aller de pair avec l’arrêt de la PEC, ne pourrait avoir lieu que l’année prochaine. “L’actuel barème ne prend pas en compte la situation particulière de chaque pays. Beaucoup de personnes aux Etats-Unis ont de l’argent de côté car elles n’ont pas de retraite. Mais à cause de ces économies comptabilisées comme capital, les familles ne peuvent pas toucher de bourses. Les barèmes actuels sont ridicules et pas adaptés au coût de la vie aux Etats-Unis. C’est bien de vouloir réévaluer les bourses mais ça aurait dû être fait la même année que la suppression de la PEC”, s’indigne Rosaura Valle.

Des familles dans l’impasse

Sans aucune aide pour septembre 2012, certains parents songent à rentrer en France où à changer leur enfant d’établissement. Une démarche difficile à quelques semaines de la rentrée. “C’est très délicat de changer d’école à quelques semaines de la rentrée. D’abord parce que ça serait un mauvais choix pour la scolarité de l’élève. Mais aussi parce que nous avons signé un contrat irrévocable avec le lycée depuis le mois de février.” Face à cette situation, le groupe de parents d’élèves a demandé au lycée La Pérouse de se montrer plus flexible afin de laisser partir certains élèves dont les parents ne pourraient payer les frais de scolarité. “Il faut savoir que les familles qui arrivent à retirer leur enfant n’auront pas d’autre choix que de les mettre dans une école publique. Les établissements privés ont bouclé les inscriptions en décembre. Et je ne sais même pas dans quelle mesure les écoles publiques ont encore de la place.”

Silencieuse pendant plusieurs semaines, l’administration du lycée La Pérouse a finalement accepté de rencontrer les familles. Une réunion entre les parents d’élèves et le lycée a été organisée à la fin du mois de juillet afin de discuter d’une possible aide que pourrait apporter le lycée aux familles en difficulté. “Seul le consulat a bien réagi à notre problème en nous donnant toutes les informations relatives aux bourses. Madame Narassiguin n’a jamais répondu à nos sollicitations alors que pendant un an et demi, on a été bombardé de courriels de campagne.”

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