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Financement politique : François Fillon défend les micros-partis

François Fillon a défendu lundi la pratique controversée du financement politique via les micro-partis, mise en lumière par l’affaire Bettencourt/Woerth, et qui, selon le Parti socialiste, participe d’une “stratégie de financement de l’UMP” au mépris de “l’esprit de la loi”.

Le Premier ministre, qui a lui-même fondé son propre micro-parti, France.9, a plaidé lundi, depuis Nouméa, pour un maintien d’un financement public de ces structures satellites de grands partis comme l’UMP ou le PS. Et ce, alors même que certains élus soupçonnent ce système de permettre un contournement du plafonnement des dons des particuliers -fixé par an et par personne à 7.500 euros et 4.600 en période électorale-, en multipliant à la fois les donateurs et les micro-structures bénéficiant de leur générosité. Toute personne, qui en France veut “créer une structure politique, engager une réflexion politique, a le droit de le faire et de se faire financer”, a rappelé M. Fillon. “L’important, c’est que ce soit transparent, et c’est transparent”, a-t-il assuré.

De 1990 à aujourd’hui, le nombre de ces micro-structures, présentées le plus souvent comme des “clubs de réflexion” et tenues de déposer leurs comptes auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), est ainsi passé de 27 à près de 300. Elles récoltent chaque année des dizaines de milliers d’euros.
Dans cette galaxie, plusieurs sont dévolus à des personnalités, dont des ministres UMP: Association de soutien à l’action d’Eric Woerth (ASAEW), Nouvel Oxygène (Laurent Wauquiez), Agir pour Colombes (Rama Yade), Changer c’est possible (Valérie Pécresse), Association de soutien à l’action de Benoist Apparu (Logement).

Trois députés Verts ont demandé qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur la question, et le PS qu’interdiction soit faite aux parlementaires ou ministres, adhérents d’un parti, de créer une de ces structures. La collecte de fonds menée fin juin auprès d’hommes d’affaires à Londres par le secrétaire d’Etat Laurent Wauquiez, en marge d’un déplacement officiel, a relancé la polémique. “C’est légal mais ce n’est pas moral!”, s’est indigné l’ancien ministre socialiste Michel Sapin, qui a oeuvré en tant que député à la première loi en sur le financement public des partis, en 1988. “C’est une stratégie de financement de l’UMP”, a accusé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, pour qui ces micro-partis “permettent à des grandes fortunes de multiplier les dons”, une manière de “contourner l’esprit de la loi”.

Manuel Valls (PS), qui a créé son micro-parti “A gauche besoin d’optimisme” pour se lancer dans les primaires PS à la présidentielle, s’est dit prêt lundi à “revoir les modes d’organisation et de financement”. “Cela ne me pose aucun problème (…) j’en ai parlé avec le trésorier du PS”, a-t-il déclaré. 
Ces micro-partis ne sont pas “les pompes à fric” des grands, a de son côté soutenu l’UMP. “Ils n’ont été créés que pour aider l’action politique” de celui ou celle qui en est à l’origine, a assuré son porte-parole adjoint Dominique Paillé.

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