Subscribe

Fleur Pellerin et Axelle Lemaire viennent soutenir la French Touch Conference de New York

A l’occasion de la French Touch Conference, Fleur Pellerin, secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, se sont rendues à New York pour promouvoir l’attractivité de la France comme terre d’innovation et soutenir le développement international des entreprises françaises.

La ville de New York n’en finit plus de se présenter comme le nouveau centre technologique américain  ou tech hub, juste après la Silicon Valley. Bien que le nombre d’emplois dans les secteurs numériques soit difficile à définir, le Bloomberg Tech Summit estime que 262 000 New-Yorkais travaillent dans ce domaine. On dénombre 6 970 sociétés tech au troisième trimestre 2013. Les transactions à New York dans ce domaine se sont élevées à 8,3 milliards de dollars en 2012. L’administration municipale de Bloomberg  a précédemment mis l’accent sur le développement des industries numériques et des start-up, avec le programme Applied Sciences NYC qui cherche à stimuler la recherche high-tech, à créer de nouveaux emplois et à former les futurs entrepreneurs et développeurs au centre de la ville. Doté d’un budget de 100 millions de dollars, le programme prévoit par exemple l’ouverture en 2017 du centre universitaire NYTech campus sur Roosevelt Island. 

Plusieurs facteurs attirent les entrepreneurs à New York : l’environnement économique et les secteurs représentés y sont plus divers qu’en Californie, de la mode à la culture en passant par l’éducation et la communication. L’expertise des ingénieurs français est reconnue dans les domaine des médias et de la publicité. La ville offre des avantages particuliers pour les entrepreneurs français qui souhaitent développer leurs activités à l’international. L’environnement économique des start-up y est plus récent, avec la possibilité de se faire une place et de trouver une reconnaissance plus rapidement, la proximité avec Paris et la France, où ils gardent souvent leurs R&D, le décalage horaire plus avantageux pour le travail transatlantique (6h, contre 9h pour la Silicon Valley) et une culture urbaine plus similaire à Paris. L’installation à New York est aussi motivée par des perspectives de valorisation plus importantes qu’en France (voir l’exemple de l’introduction de l’entreprise Criteo au Nasdaq). La création de fonds de capital-risque en France sont à l’étude et Fleur Pellerin a lancé la réflexion sur la création d’un “Nasdaq européen” en décembre dernier. 

Un nouveau rendez-vous de l’entrepreneuriat franco-américain

La French Touch Conference est un salon d’entrepreneurs qui opèrent dans le numérique, la technologie, le design ou l’art de vivre, avec un accent mis sur le travail de la French Tech, au service de l’expansion internationale des entreprises. La conférence, qui se tient les 26 et 27 juin, cherche a réunir environ 400 entrepreneurs français et américains autour de panels aux thèmes variés, ainsi que les investisseurs potentiels. 

Axelle Lemaire a expliqué que son rôle n’était pas de demander aux entrepreneurs français de rentrer. Il s’agit pour elle de rendre la “marque France” plus attractive et de convaincre les expatriés de devenir des ambassadeurs et pédagogues de l’attractivité française. Un des enjeux de sa visite et de pousser au co-investissement franco-américain dans les entreprises françaises qui souhaitent pérenniser leurs structures et s’ouvrir rapidement à l’international. Elle souhaite ainsi que “les entreprises américaines soient plus nombreuses à s’installer en France, afin d’entrer sur le marché européen et d’accéder aux marchés africains.” L’Afrique est le troisième marché de la téléphonie mobile et les usages numériques sont en plein développement. Des partenariats sont signés entre des Etats africains et la France. 
Autre atout de la France : la protection des données personnelles, sujet au centre des attentions depuis l’affaire Snowden. Axelle Lemaire s’étonne qu’aux Etats-Unis, les changements des règles de protection des données privées viennent des grandes entreprises comme Facebook ou Google. Selon elle, “la France a une longue histoire de protections des données personnelles, où l’Etat, par le biais de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) et avec le système judiciaire, garantit la régulation et la protection de ces données.”

Devant les participants à la French Touch Conference, Fleur Pellerin a rappelé les actions entreprises par le gouvernement français en faveur de l’innovation, lorsqu’elle était ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique de mai 2012 à mars 2014 (crédit impôt innovation, évolution du statut de l’entreprise “innovante”, soutien prioritaire à l’innovation par la Banque publique d’investissement). Les travers français sont, selon elle, la fragmentation des domaines et l’incapacité à faire la promotion des succès des entreprises françaises. La secrétaire d’Etat entend “donner aux entreprises d’autres perspectives de croissance que de se faire racheter par une entreprise étrangère”. “Le numérique est un secteur stratégique pour l’Etat français”, les interventions du gouvernement sont donc justifiées selon elle, comme ce fut le cas pour la cession de Dailymotion à Yahoo. “L’installation de start-up françaises aux Etats-Unis est un gain pour la France, surtout en termes de capital humain. Il faut donner aux jeunes le goût de l’international”, explique-t-elle.

Fleur Pellerin  doit aussi rencontrer lundi à Washington Michael Froman, le représentant au commerce américain. Elle échangera également avec des tours opérateurs américains qui proposent leurs services en France et se rendra au Fancy Food Show de New York, le premier salon agroalimentaire d’Amérique du Nord qui se tiendra du 29 juin au 1er juillet. Une quarantaine d’entreprises françaises y seront représentées.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related