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Les querelles commerciales franco-américaines (3/5) : Les frites de la liberté

L’histoire franco-américaine est ponctuée de conflits commerciaux et diplomatiques, de la « chicken war » dans les années 1960 aux récentes annonces de Donald Trump sur la taxation des importations d’acier et d’aluminium européens. De boycotts en mesures protectionnistes, illustration de ces conflits en cinq épisodes retraçant l’histoire des produits interdits.


Episode 3 : Les frites de la liberté

En 2003, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Irak et tentent de mettre sur pied une coalition militaire. La France, malgré son statut d’allié historique, refuse d’y participer. Dans un discours prononcé devant le Conseil de sécurité de l’ONU, son ministre des Affaires Etrangères Dominique de Villepin décrit l’intervention militaire comme “la pire des solutions”.

S’ensuit une vague de francophobie en Amérique du Nord, soutenue par des élus de la Chambre des représentants. Plusieurs mois durant, des produits français seront boycottés par les consommateurs américains.

“Freedom” à la cantine du Capitole

La victime inattendue de ce gel des relations franco-américaines est un bâtonnet de pomme de terre. Le propriétaire d’un restaurant de Caroline du Nord décide de remplacer les “French Fries” de son menu par des “Freedom Fries”. Rien d’original à cela, affirme-t-il : pendant la Première Guerre mondiale, la choucroute a été renommée “liberty cabbage” et les saucisses de Francfort “hot dogs”.

Inspiré par le jeu de mots, le représentant républicain de l’Ohio Bob Ney impose les “Freedom Fries” et les “Freedom Toasts” (pain perdu) à la cafétéria du Capitole où déjeunent les députés et les sénateurs américains. C’est “un effort restreint, mais symbolique”, se défend Ney. Son but ? “Montrer qu’au Capitole, nous sommes nombreux à être fortement mécontents des actions de notre soit-disant allié la France”.

Sa décision est loin de faire l’unanimité. “Je me demande si cela vaut un commentaire”, a alors réagit la porte-parole de l’ambassade de France à Washington, Nathalie Loiseau. “Nous travaillons en ce moment sur des problèmes très, très sérieux de guerre et de paix, de vie et de mort. Pas sur des patates”. Avant de rappeler que les frites sont d’origine belge.

Un boycott à double tranchant

Les Américains ne s’arrêtent pas aux “Freedom Fries”. Entre 2003 et 2006, certains restaurateurs tentent de trouver un équivalent au foie gras et aux truffes. A New York, des cavistes déversent des bouteilles de Bordeaux dans le caniveau, sous l’objectif des caméras. La gastronomie et la mode sont touchées de plein fouet.

Cette campagne est encouragée par quelques activistes qui financent des encarts publicitaires dans les médias. Le journaliste américain Christopher Rudy liste sur son site internet les marques à éviter : Air France, Michelin, Lancôme, Evian, Perrier, Renault, PSA Peugeot, et le magazine Elle. Ironie de la situation, quelques marques américaines à consonance française pâtissent de ce boycott spontané : la moutarde Grey Poupon et certaines gammes de shampoings L’Oréal produites aux Etats-Unis, voient leurs ventes baisser.

Quant aux frites du Capitole, elles retrouveront leur nom initial lorsque Bob Ney, impliqué dans une affaire de corruption, démissionnera.

  • It is interesting how the USA thinks that by changing the name of something it changes that thing. Sauerkraut for instance come from old English which was changed to sour and kraut means greens. It was « invented » by the Chinese and it migrated westward to Russia. So it wasn’t German after all. French fries are not French but Belgian. In France they are called « frites. » So by calling something by a different name doesn’t change its effectiveness or its sense. I heard tell that during WWI the Americans killed Dachshund dogs because they were German. As if that was going to change anything. America needs to get out of the kindergarden mentallity and grow up.

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