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Air France supprimera 2.500 à 3.000 postes d’ici 2011

La compagnie Air France va continuer à réduire ses effectifs et vise 2.500 à 3.000 postes en moins dans les deux années à venir, mais sans licenciement sec, a indiqué mercredi la direction.

Confirmant une information parue dans le quotidien La Tribune, une porte-parole de la direction a déclaré à l’AFP: « on devrait réduire nos effectifs de 2.500 à 3.000 emplois au cours des deux prochains exercices ».

Au cours de l’exercice 2008/2009 qui vient de se terminer, Air France avait annoncé en février avoir supprimé 1.000 à 1.200 postes, en ne remplaçant pas un certain nombre de départs en retraite, en bloquant les embauches et en mettant fin aux contrats à courte durée (intérimaires et CDD).

La compagnie Air France emploie environ 74.000 personnes et est fortement touchée par le ralentissement du trafic aérien. Sur la période octobre-décembre (3e trimestre de l’exercice 2008/2009), le groupe Air France-KLM (environ 104.000 salariés) a affiché 194 millions d’euros de perte d’exploitation.

L’ensemble des catégories de personnel sont touchées par un sureffectif, a-t-on précisé. La direction d’Air France va mettre en place un certain nombre de mesures pour faciliter les départs, sans toutefois avoir recours à un plan social.

« Il y a des aides individualisées pour les gens qui souhaitent réaliser un projet personnel en dehors de l’entreprise (…) on va aussi proposer des rachats de trimestres pour les personnes très proches de l’âge de la retraite, et on incite les gens à utiliser les congés formation, des congés sabbatiques », a indiqué la porte-parole.

Pour faciliter l’adaptation à une charge de travail moindre, la mobilité en interne est favorisée, et le télétravail est également encouragé, a ajouté la porte-parole. Le passage au temps partiel est aussi envisagé, selon la CFDT.

Pour les syndicats, ces nouvelles suppressions de postes ne sont pas une surprise. Fin mars, la CGT Air France avait déjà indiqué que selon la direction plusieurs secteurs de l’entreprise étaient encore en sureffectif malgré le non remplacement des départs. « Les suppressions de postes n’étant pas des suppressions d’emplois, on est au moins rassurés à ce niveau là. On sent que l’entreprise est prête à s’adapter à la période difficile en préservant l’emploi au maximum », a déclaré à l’AFP Cyril Jouan, délégué CFDT.

Cyril Jouan a précisé que l’entreprise souhaitait aussi favoriser le passage au temps partiel de certains salariés. « Mais les cotisations retraites posent problème dans ces cas là », a pointé le syndicaliste.

Le responsable CFDT a également souligné que la loi votée fin 2008 permettant au personnel naviguant commercial (hôtesses, stewards) de travailler jusqu’à 65 ans au lieu de 55 avait comme effet de maintenir plus de gens dans l’entreprise à un moment où celle-ci tentait de réduire sa masse salariale. « Cela concerne pour l’instant quelques dizaines de salariés, mais on n’a pas une visibilité sur l’ensemble de l’année 2009 puisque les personnes doivent indiquer deux mois avant leur 55e année si elles veulent rester ou pas », a poursuivi M. Jouan. Cette absence de visibilité « pose d’ailleurs un problème en terme de gestion des effectifs au delà du contexte de crise », a-t-il estimé.

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