Je m'abonne

Atmophère tendue à New York pour le dernier volet de l’affaire DSK

Les cris de la cinquantaine de personnes venues montrer leur soutien à Nafissatou Diallo et réclamant justice sous les fenêtres du tribunal n’auront pas été entendus. Après quinze minutes d’audience, Dominique Strauss-Kahn est ressorti libre, accompagné d’Anne Sinclair, son épouse et de ses avocats.

Ce matin là, il faisait un peu plus froid qu’à l’habitude dans le sud de Manhattan. Les journalistes s’étaient de nouveau installés aux abords du 100 Centre Street pour le dernier épisode pénal américain du procès DSK. Lors de l’arrivée de l’ancien directeur du Fonds monétaire international, accompagné, comme depuis le début de l’affaire, par son épouse Anne Sinclair, la soixantaine de personnes soutenant la femme de chambre a lancé des hurlements à l’encontre de l’accusé.

A l’intérieur du tribunal, au 13e étage, les journalistes ont longuement attendu avant de savoir s’ils allaient être autorisés à entrer dans la salle d’audience. David Bookstaver, l’attaché de presse du tribunal, seul maitre des entrées, a longuement joué avec les nerfs de la presse internationale, laissant passer en priorités les représentants des grands titres, chaînes ou radios des autres pays, avant de considérer ceux dont la publication est moins importante.

Des places très chères pour les journalistes dans la salle d’audience

« J’ai pratiquement tous les pays de l’ONU représentés ici », plaisantait David Bookstaver lorsque ceux qui n’avaient pas pu encore accéder à la salle d’audience agitaient leur carte de presse devant ses yeux, criant le nom du titre pour lequel ils travaillaient. La règle du premier arrivé, premier servi ne s’appliquait donc pas, provoquant quelques réactions frénétiques, comme les pleurs de cette journaliste française d’une télévision publique, coincée à quelques minutes du début de l’audience, dans le couloir, avant de finalement voir sa présence dans l’enceinte du tribunal pénal accordée.

A l’extérieur, le reste du monde était accroché à son téléphones portable ou à sa tablette numérique à l’affût du moindre tweet des témoins privilégiés de l’audience. Puis vers midi, les crépitements des flash ont annoncé la sortie de Dominique Strauss-Kahn, entouré de ses deux avocats. Derrière les barrières réservées aux journalistes, chacun essayait de prendre l’image du grand sourire de soulagement qu’il affichait.

Une mobilisation en faveur de Nafissatou Diallo en demi-teinte

A sa gauche, le socialiste fut accueilli par des cris tels que « Shame on you DSK » ou « Money and power have overcome justice ». Sans faire de déclaration, il est monté dans une grande berline noire. Tout les témoins de sa sortie se sont ensuite dirigés vers la conférence de presse. C’est Michael Cray, un fervent défenseur de Nafissatou Diallo, la voix haute, qui a comparé cette décision de justice à « un second viol ». A peine audibles à cause de bruits parasites comme le vent, les appareils photos ou les commentaires de l’assistance nombreuses, Benjamin Brafman, l’avocat de DSK a fait une allocution, suivi de Kenneth Thompson.

Le discours de ce dernier était couverts par les allégations d’une pro-DSK, restée anonyme, scandant que Nafissatou n’était « qu’une menteuse et  une prostituée ». « Elle savait ce qu’elle faisait », criait-elle, « elle avait tout plannifié ». Rapidement huée par les mobilisés en faveur de la femme de chambre du Sofitel, elle a quitté le parvis du tribunal, tenant sa pancarte toujours très haut. Quelques heures après, c’est Cyrus Vance, le procureur général, qui tenait sa conférence de presse au huitième étage d’un immeuble. Une intervention interrompue à cause du tremblement de terre qui a été ressenti à New York aux alentours de 1:50 pm. C’est sur ses dernières paroles que le volet pénale de l’affaire DSK s’est refermé.

Related