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Claude Monet, bientôt sur Broadway

Une comédie musicale sur la vie du peintre impressionniste français est en cours de production. La pièce, dont un extrait a été présenté à New York le 5 février dernier, sera dévoilée au public cet automne.

En 1901, Claude Monet a soixante ans. Le pionnier du mouvement impressionniste s’est retiré à Giverny, dans l’Eure, où il poursuit sa série Vues de la Tamise à Londres. Le Bassin aux nymphéas, exposé en France puis aux Etats-Unis, rencontre un grand succès. C’est à cette période que s’ouvre la comédie musicale Monet, écrite par Carmel Owen (musique et paroles) et Joan Ross Sorkin (livret) : devant une cour de justice parisienne, le vieux peintre réclame que lui soit rendue une toile peinte au Havre trente-sept ans auparavant et retrouvée dans les sous-sols de l’Ecole des Beaux-Arts.

Cette toile, qui pourrait être La jetée du Havre ou Bateaux de pêche sortant du port, sert de fil conducteur à la pièce en deux actes et vingt-six chansons. « C’est ainsi que commence le voyage », explique l’Américaine Joan Ross Sorkin. « Tout le monde sait que Monet devient célèbre ; c’est comment il en est arrivé là qui nous intéresse. » Les moments phares de la vie du peintre jalonnent la narration : la rencontre avec Renoir et Degas aux Beaux-Arts, les premières toiles en plein air, le rôle de Camille Doncieux, tour à tour modèle, muse, maîtresse et épouse, l’exposition de 1874 et la naissance du terme « impressionniste », les années de misère à Argenteuil.

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Gregg Mills interprète Monet et Mamie Parris, Camille, modèle, muse et épouse du peintre. © Whitney Browne

La comédie musicale est « inspirée de la vie de Claude Monet ». L’écriture s’est faite à partir de livres et de visites au musée, mais dans le processus, certains éléments ont été modifiés ou inventés. La toile Impression, soleil levant (1872) apparaît dans le spectacle avant La femme en robe verte (1866). Le personnage d’Elise est inspiré de Marie-Jeanne Lecadre, la tante qui a encouragé Monet dans sa carrière artistique. Le ministre Girard, quant à lui, est fictif : représentant de Napoléon III, il symbolise la mainmise de l’Etat sur le Salon. « Toute histoire a besoin de conflits, de drames et de surprises pour progresser sur scène », précise la librettiste, qui assure toutefois que « la plupart des éléments sont absolument véridiques ».

Des représentations prévues à l’automne 2018

Présentée en première lecture en 2014 et peaufinée lors d’une résidence au sein du studio new yorkais CAP21, la pièce entrera bientôt en phase de production. Les deux dramaturges espèrent conclure un accord avec un producteur « dans les semaines à venir ». Celui-ci sera chargé de finaliser le spectacle et de réunir le budget nécessaire : cent mille dollars. Cette somme permettra de répéter la pièce avec neuf acteurs professionnels et un orchestre, et de recruter un décorateur et un éclairagiste capables de traduire sur scène l’émotion des toiles du maître.

Une première version de la comédie musicale doit être présentée à New York cet automne. Il faudra ensuite convaincre un théâtre d’engager le spectacle pour une série de représentations. « La musique et les paroles sont prêtes ; nous devons maintenant mettre au point la scénographie et les décors », explique la compositrice Carmel Owen. « Ça prend du temps de concrétiser un projet aussi important. C’est comme regarder un enfant grandir ! »

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