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Coupe du monde féminine : la fin du rêve bleu

Malgré une superbe prestation, l’équipe de France féminine termine son formidable parcours en Coupe du monde en demi-finale. Véritable bouffée d’oxygène pour le sport français, les joueuses de Bruno Bini ont définitivement franchi un palier dans le monde du football féminin. Retour sur l’épopée bleue.

Dans un stade à moitié plein et sous la pluie, la magie n’a pas opérée. La France a inquiété les Etats-Unis mais cela n’a pas suffi pour faire tomber de son piédestal le géant du foot féminin. Mais les Américaines n’ont pas eu la tâche facile et ont obtenu une victoire compliquée (3-1), qui se sera dessinée dans le dernier quart d’heure, alors que les françaises dominaient largement cette seconde période. De quoi avoir quelques regrets…

Malgré un début de match sérieux, la France a, une fois de plus, raté son début de match. À la 9ème minute, un débordement d’O’Reilly et la vivacité de Cheney ont suffi pour faire plier la défense française (1-0). Mais l’ouverture du score est trompeuse car la France a énormément gêné les USA (25 tirs ! et 55% de possession de balle). Les filles de Pia Sundhage ont souvent tenté d’imposer leur physique et d’impressionner les Necib et Bussaglia qui ne sont pas laissées dépasser par les évènements.

Mais les Françaises ont réussi à revenir « à la hargne » avec le centre-tir de Bompastor (1-1, 55e) et ont poussé pour prendre l’avantage. Il a ensuite manqué cette expérience du haut niveau aux Bleues pour se qualifier. Cette roublardise, cette efficacité si importante lors d’un match de Coupe du monde. Doubles championnes du monde et triples championnes olympiques, les Américaines ont, elles, un mental et un sang froid à tout épreuve. Les 181 centimètres de Wambach ont fait la différence par rapport aux 166 de Sapowicz (2-1, 79e). Sonnée, la France ne s’est jamais remise de ce réalisme glaçant et Morgan a pris à défaut la défense française une troisième fois (3-1, 82e). Une fois de trop. La France n’a pas su gérer sa fin de match mais a fait trembler le colosse américain.

Un parcours formidable

« Si au début de la compétition on nous avait dit que l’on serait demi-finaliste, on aurait signé de suite » a précisé à la fin du match Sonia Bompastor, encore formidable hier soir sur son couloir gauche.  Après avoir terminé à la seconde place d’un groupe ultra relevé composé de l’Allemagne (championne du monde en titre), du Nigeria (championne d’Afrique) et du Canada, les Bleus peuvent avoir la sensation d’avoir réussi une superbe compétition.  Après avoir battu le Nigéria et étrillé (4-0) le Canada, les Bleus ont logiquement plié – non sans mérite – face à l’épouvantail allemand (4-2).  Mais les prestations des françaises ont fait sensation. Pour preuve, l’intérêt porté par l’ensemble des médias nationaux et les audiences réalisées par les rencontres des Bleus ont définitivement mis la formation de Bruno Bini dans le cœur des Français.

Rendez-vous à Londres

Il faudra donc se contenter de la petite finale contre la Suède. Quoiqu’il en soit, la qualité des professionnelles féminines du football français a été dévoilée à la planète entière. On aura en outre l’occasion de revoir la troupe de Bruno Bini aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Sans doute une nouvelle occasion de rêver avec elles. Il reste encore un palier à franchir à l’équipe de France féminine avant d’atteindre le gotha du football mondial, mais le potentiel et le talent est bien là.

Une finale USA vs Japon

Alors que la « petite » finale opposera la France à la Suède, samedi prochain le favori américain affrontera dimanche la surprise nippone en finale du mondial. Après avoir écarté l’Allemagne en quart de finale (1-0), les joueuses du pays du Soleil Levant se sont défaites des suédoises 3 buts à 1 hier à Hanovre. Cette finale aura tout d’une opposition de style : des américaines puissantes et physiques face à la tonicité et l’endurance des japonaises. Légèrement favorite pour le titre final, l’équipe de la sélectionneuse Pia Sundhage devra se méfier de la patience des joueuses asiatiques qui ne se laisseront pas marcher dessus aussi près du sacre mondial.

 

 

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