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Covid : rentrée des classes sous haute surveillance en Floride

Alors que la Floride connaît une recrudescence des infections — 2 679 nouveaux cas de Covid-19 détectés par jour en moyenne —, la French-American School of Tampa Bay a entamé sa troisième année scolaire. Une rentrée stressante pour l’équipe enseignante et les parents, mais nécessaire pour les élèves.

Les quarante élèves de la French-American School of Tampa Bay n’avait pas vu leur salle de classe depuis le mois de mars. Après plus de cinq mois passés à la maison, les voici de retour à l’école depuis le 28 août, plongés cinq jours par semaine dans un environnement que beaucoup ont du mal à reconnaître. Depuis leur voiture, les parents attestent chaque matin que leur enfant ne présente aucun symptômes. On prend ensuite la température de l’élève (un second contrôle a lieu après le déjeuner), qui peut alors entrer dans le bâtiment. A l’intérieur comme à l’extérieur, le port du masque est obligatoire : les élèves en changent deux fois par jour.

La French-American School of Tampa Bay, inaugurée en septembre 2018, est « toute neuve », souligne Willy LeBihan, le fondateur et directeur de cette école privée bilingue. « Nous avons peu d’élèves et beaucoup d’espace ; c’est l’avantage d’une petite école qui démarre comme la nôtre. » Les murs coulissants permettent de moduler les salles de classe et d’assurer la distanciation physique des élèves et des enseignants. Le système de ventilation de l’école a été doté d’un filtre à air plus performant et équipé de lampes à ultraviolet, efficaces contre les virus.

Un « plan de réouverture » millimétré

De l’arrivée des élèves à 8:15 am à leur départ à 2:45 pm en passant par l’organisation des repas (par petits groupes, à l’extérieur si le temps le permet) et l’utilisation des fontaines à eau, la vie de l’école est régie par un « protocole très stricte », un document de 13 pages communiqué aux parents. Quelques familles ont préféré différer la rentrée et assurer elles-mêmes la scolarisation de leurs enfants dans l’intervalle. « Le risque zéro n’existe pas », se défend Willy LeBihan. « Mais on peut maintenir un niveau de risque minimum si tout le monde joue le jeu. »

Pour établir son « plan de réouverture », l’école a reçu l’aide inopinée d’une mère d’élève. La pneumologue francophone Gaëtane Michaud, qui traitait les malades du Covid-19 à l’hôpital NYU Langone Health de New York, a été mutée cet été à l’hôpital universitaire de l’Université de Floride du Sud à Tampa — et a inscrit ses deux filles à la French-American School of Tampa Bay. Elle a répondu aux questions des enseignants et des autres parents.« C’est elle qui nous a alerté des risques de contamination par la semelle des chaussures », explique le directeur. « Les élèves revêtent donc des chaussons en arrivant à l’école. »

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© FASTB.org

Parmi les autres mesures proactives : les tables, chaises et poignées de portes sont désinfectées plusieurs fois par jour et les élèves sont tenus de se laver les mains aussi souvent que possible. Partager ses affaires, livres, stylos ou autres fournitures, est interdit. Les sports de contact ont été rayés du programme d’EPS et les voyages scolaires suspendus. Chaque classe prend ses repas dans une zone distincte. Et dans l’infirmerie, un « espace d’isolement » a été aménagé au cas où un élève tomberait malade pendant la journée. (Dans le comté de Pinellas, où se situe l’école, plus de 50 élèves et enseignants ont été testés positif au Covid-19 depuis la fin du mois d’août.)

Retrouver un semblant de normalité

Malgré tout, « les enfants sont contents de retrouver leurs amis », assure Willy LeBihan. « On n’imagine pas l’impact du confinement sur le développement social des enfants. » Pour dédramatiser une situation anxiogène et faciliter les interactions, les enseignants portent tous un masque transparent. Les élèves peuvent ainsi lire un sourire et reproduire les phonèmes pendant leurs cours de langues. Et pour rassurer les parents, qui ne peuvent plus entrer dans l’école, l’équipe éducative tient chaque semaine des heures de permanence virtuelle. « Ça rassure les parents, qui sont souvent plus anxieux que leurs enfants. »

La French-American School of Tampa Bay, qui accueille des élèves de la maternelle à la troisième, a reçu en mai dernier son homologation de la part du ministère français de l’Education nationale. Seul établissement de ce type dans l’ouest de la Floride, l’école compte sur les nombreuses familles francophones et francophiles qui s’installent autour de la baie de Tampa, attirées par le boom économique de la région. Mais la pandémie a ralenti le mouvement des expatriés et gelé l’arrivée de nouveaux élèves.

« Mon service de pneumologie et de soins intensifs accueille les malades du Covid-19 de la région de Tampa », explique Gaëtane Michaud. « Le nombre de cas baisse depuis la fin du mois d’août et reste bien inférieur au reste de la Floride. » Cette année scolaire se fera malgré tout en petit comité : 40 élèves, sans compter les familles « dans l’appréhension » qui décideront d’inscrire leurs enfants en cours d’année. Le fondateur de l’école — qui a aussi créé avec son épouse l’Ecole française du Maine — reste optimiste. « Le virus est venu gâcher la fête, ce n’est pas comme ça qu’on comptait célébrer notre homologation, mais on n’abandonne pas. On est tenace ! »

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