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Enseignement : la famille EINY

Le 14 septembre dernier, l’École Internationale de New York (EINY), 3e établissement bilingue français/anglais privé de la ville, a ouvert ses portes aux familles désirant faire profiter leurs enfants des chances du cosmopolitisme dès le plus jeune âge. L’école propose un enseignement en deux langues voire même plus, une attention soigneuse à l’égard des élèves, des activités périscolaires et des idées plein les cartables.

Sur les bancs de la grande salle aux murs blancs qui sentent encore le neuf, les enfants déjeunent. La cantine, improvisée dans cette pièce qui sert aussi de salle de sport, donne à la scène une allure conviviale. Et le bureau d’Yves Rivaud, le directeur de l’École Internationale de New York, fraîchement ouverte le 14 septembre dernier, n’est vraiment pas très loin. Si on jette d’ailleurs un œil à travers la lucarne de sa porte vitrée, on peut facilement surveiller les élèves au bout du couloir. « Je mets un point d’honneur à ce que nous soyons près des enfants, précise ce bienveillant chef d’établissement. Ici, on travaille en famille. »

Établir une communauté scolaire familiale, un principe que les parents d’élèves semblent apprécier : dix enfants supplémentaires ont prévu de s’ajouter en janvier prochain aux trente déjà présents depuis l’ouverture de l’école. Un objectif qu’Yves Rivaud entend également bien faire perdurer à long terme. « Je valorise beaucoup la communication aussi bien avec les élèves, qu’avec les professeurs, qu’avec les parents, ajoute-t-il. » Pour cela, l’équipe de l’EINY essaie de mettre des projets en place. L’un d’eux, déjà actif et qui plaît beaucoup aux parents qui sont très pris par leur travail, propose d’assurer une permanence entre cours et activités extrascolaires de 8 h à 18 h 30. « Après les cours, détaille-t-il, les enfants, dont les parents ne peuvent pas venir les chercher en milieu d’après-midi, participent à ce programme d’activités que l’on a ironiquement baptisé « FEINY » (ndlr, « funny »). Ils y font de l’art, de la danse, du chant, du kung fu (en français !), ou des jeux de société. »

Et pour assurer cette continuité, le personnel ne manque pas. 11 professeurs assurent l’encadrement de 30 élèves. Jean-Paul Dupin, dont le fils Julien a intégré la classe de CE1 en septembre, s’en réjouit : « Julien se retrouve souvent en cours en binôme et face à un seul professeur, c’est fantastique. Bon, il est un peu fatigué à la fin de la journée parce qu’il ne peut pas être distrait, mais il adore. » « Les enseignants sont français ou américains, tous titulaires de leur système respectif, précise Yves Rivaud. La logique était au départ qu’ils soient à 100 % intégrés dans le projet de l’ouverture de cette école, et qu’ils y trouvent un attrait particulier sur le plan professionnel et personnel. Le recrutement réalisé cet été donne aujourd’hui de très bons résultats. »

Le bilinguisme : une conviction inaltérable

Passé par les écoles internationales de San Francisco et Seattle, Yves Rivaud n’en est pas à sa première expérience scolaire aux États-Unis. Avec l’expérience acquise depuis son arrivée aux États-Unis il y a 22 ans, la création d’une 3e école bilingue français-anglais à New York est un projet « qui lui trottait dans la tête depuis pas mal d’années », notamment en raison d’une grosse demande des familles. Colleen Mc Govern, la mère de Julien, avoue avoir longtemps cherché une école de ce type et rencontré plusieurs chefs d’établissement. « Lorsque cette opportunité s’est présentée, dit-elle, on l’a tout de suite trouvée unique. C’est une école française, mais qui n’est pas seulement calquée sur le modèle français, elle sait s’imprégner des deux systèmes, français mais aussi américain. Quand nous avons rencontré M. Rivaud, j’ai été tout de suite impressionnée par sa sensibilité, sa passion et sa façon de penser et de communiquer. Et il sait la transmettre aux enfants, aux professeurs et aux parents. Ce sont ces qualités exceptionnelles qui m’ont séduite. »

Yves Rivaud est un fervent supporter d’une approche bilingue. « Par conviction personnelle, explique t-il, j’ai toujours préféré travailler dans des lycées internationaux que dans les lycées français. Aujourd’hui, je ne veux pas que cette école soit un miroir du Lycée français, mais qu’elle ait ses propres identité et entité. J’ai voulu la bâtir avec la même philosophie, la même mission et la même envergure que les écoles dans lesquelles j’ai travaillé. » À l’EINY, 60 % des cours sont en français et 40 % en anglais, une moyenne qui assure une quasi-équivalence de l’enseignement dans les deux langues. Yves Rivaud précise qu’il veut donner à ses élèves la possibilité d’être des « citoyens du monde entier », pour « qu’ils soient bilingues assez rapidement et gardent cette internationalité toute leur vie. » Et pour l’attentionné directeur, « cela n’a pas de prix. »

22 500$, c’est le tarif pour inscrire son enfant à EINY. Il correspond au prix moyen de l’enseignement franco-américain privé à Manhattan. « C’est exactement pareil dans les autres écoles privées, explique Yves Rivaud. Et en comparaison avec les écoles privées américaines, les écoles françaises sont plutôt bon marché puisqu’elles demandent entre 6000 et 8000$ de moins. Pour les familles qui viennent habiter à New York, c’est bien évidemment une éducation à acquérir. » Il justifie ces coûts par le loyer cher des immeubles à Manhattan mais aussi par l’attention que ses élèves reçoivent. « Les enfants reçoivent un enseignement très personnalisé, dit-il, ce qui est un petit plus.» Jean-Paul Dupin explique que c’est aussi « presque le prix du réseau dans lequel va s’intégrer Julien. » « Il va grandir et nouer des relations en français avec d’autres enfants, ce qu’il ne ferait pas dans le système public américain, ajoute-t-il. C’est sûr qu’il y a un côté exclusif. » Yves Rivaud admet également que les nouvelles familles françaises qui arrivent à New York « doivent rapidement se mettre à la page. »

Dans ce contexte, ce sont parfois les employeurs des parents qui assurent les frais de scolarité des enfants. « Mais c’est vrai que ce n’est pas le cas de tout le monde, accorde-t-il, et c’est pour cela que nous avons quelques bourses d’établissement pour quelques enfants, par choix personnel de l’école. » Ces bourses délivrées par l’EINY ne sont pour l’instant pas financées par la France. Trop jeune, pas encore homologuée par l’Éducation Nationale, l’école ne reçoit aucune aide. L’homologation est un but en soi. « Nous mettons tout en œuvre pour que cela arrive rapidement », dit Yves Rivaud. Et aujourd’hui, les soutiens politiques ne manquent pas : consulat et ambassade de France sont à ses côtés. « On avance à petits pas, mais dans la bonne direction, fait valoir Yves Rivaud. L’aventure ne fait que commencer. »

Infos pratiques :

http://www.einy.org/

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