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Eric Woerth se défend dans l’affaire Bettencourt

Eric Woerth, ministre du Travail, a déclaré dimanche qu’il n’avait « jamais déclenché » ni « empêché » un contrôle fiscal, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

« Je n’ai jamais déclenché de contrôle fiscal (…) comme je n’ai jamais empêché un contrôle fiscal », a déclaré l’ex-ministre du Budget, interrogé sur l’affaire Bettencourt. « Le problème, c’est que les journalistes ne comprennent pas comment fonctionne le fisc », a déclaré M. Woerth, assurant qu’il avait activement contribué à la lutte contre la fraude fiscale.

« Mme Bettencourt a fait l’objet de nombreux contrôle fiscaux depuis longtemps. Elle a une situation fiscale qui a toujours été considérée comme claire, jusqu’à ces écoutes qui disent qu’à un moment donné il y a du patrimoine qui n’a pas été révélé », a affirmé M. Woerth.

Le ministre du Budget François Baroin avait auparavant annoncé que le fisc allait passer au peigne fin la fortune de Liliane Bettencourt et a exclu toute intervention de son prédécesseur Eric Woerth dans le dossier.

Eric Woerth a par ailleurs annoncé dimanche que son épouse Florence avait démissionné « à contrecoeur » de la société Clymène gérant la fortune Bettencourt où elle travaillait depuis 2007.

Comme on lui demandait lors du grand jury RTL-Le Figaro-LCI si elle avait quitté son poste, comme elle l’avait annoncé, le ministre du travail a répondu : « ben oui. A contrecoeur, pour tout vous dire, parce qu’elle n’a rien à se reprocher. Elle est victime de cette affaire, elle a fait son métier avec honneur, avec compétence, avec honnêteté ».

L’ex-ministre du Budget a dit qu’il avait toujours dressé « une muraille de Chine » entre leurs deux métiers. Florence Woerth avait pris place au premier rang de l’assistance, parmi de nombreux ministres.

Eric Woerth a aussi dénoncé dimanche « des amalgames, des insinuations absolument scandaleux » à propos des informations du JDD affirmant qu’il avait rencontré Robert Peugeot qui craignait une enquête fiscale après un vol de lingots d’or. « Tout cela est vicieux », a-t-il dit.

Selon le JDD, l’héritier de la famille Peugeot, Robert Peugeot, s’est fait voler à Paris en décembre 2009 des lingots d’or, dont la valeur a été revue à la baisse, sans doute par crainte d’une enquête fiscale, à propos de laquelle il a rencontré Eric Woerth. L’héritier Peugeot a dîné quelques jours après le cambriolage avec Eric Woerth, alors ministre du Budget, craignant « une enquête sur l’origine de son or », alors qu’il était « déjà sous le coup d’un litige fiscal », selon le journal.

« Je connais M. Peugeot », a dit M. Woerth, soulignant qu’en tant que ministre, il connaît des chefs d’entreprise. « M. Peugeot a été cambriolé. Je ne suis pas responsable du cambriolage », a ironisé le ministre du Travail, qui venait de se défendre avec énergie à propos de l’affaire Bettencourt.

« J’ai dîné (avec M. Peugeot, ndlr) dans un restaurant au vu et au su de tout le monde. Il ne m’a pas parlé de cambriolage », a affirmé M. Woerth. « Je ne sais pas ce qu’il s’est fait voler ». A la question de savoir quand avait eu lieu la rencontre, il a répondu: « je n’en sais rien ».

« On jette des noms en pâture comme ça, comme si c’était des voyous. C’est très difficile de prouver ce qui n’existe pas », a ajouté M. Woerth.

 

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