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Essteem, un réseau de cooptation pour les ingénieurEs

Deux Français installés à New York ont fondé une plateforme pour favoriser l’embauche des femmes dans les bureaux d’études. Après trois mois d’essai en France, la start-up Essteem tente l’aventure américaine.

En France, les femmes représentent 20% des ingénieurs en poste et gagnent 20% de moins que leurs collègues masculins. Aux Etats-Unis, la situation est semblable. Comment casser le plafond de verre dans un secteur aussi inégalitaire ? Pour Hugues Seureau et Sylvain Dechartres, la solution réside dans la cooptation et l’entraide.

« Il est prouvé qu’en entreprise, les équipes mixtes sont plus efficaces », rappelle Sylvain Dechartres, scénariste, écrivain et communicant. Son collègue Hugues Seureau, responsable en stratégie entrepreneuriale, se souvient « d’avoir pris conscience qu’il y avait un problème lors de la Marche des femmes en 2017 ». « Avec Essteem, nous avons voulu aider les professionnels à trouver un emploi et contribuer à lutter contre les inégalités de salaires, de mixité et de diversité », expliquent les deux fondateurs.

La start-up parie sur le système, très en vogue, de la cooptation. L’inscription est gratuite. Les membres sont des professionnels qui mobilisent leur réseau pour répondre à des offres d’emploi publiées dans les secteurs de l’ingénierie, de la science et des technologies. Celui ou celle qui contribue à faire embaucher une candidate reçoit une somme d’argent.

Solidarité et dons aux ONG

« Dans ce secteur, les entreprises sont prêtes à payer des agences de recrutement et à débourser jusqu’à 10% du salaire annuel d’un ingénieur pour trouver la perle rare. » Parfois l’équivalent de 15 000 dollars. Or Essteem ne demande aux entreprises que 3 300 dollars, dont une partie (jusqu’à 1 300 dollars) est redistribuée à des ONG partenaires : Première Urgence Internationale, Fondation Abbé Pierre, Aid India ou encore Girls Who Code.

« Les réseaux de cooptation traditionnels attirent leurs collaborateurs uniquement par l’argent », explique Hugues Seureau. « Or, pour attirer de bons candidats, il faut quelque chose en plus. » Les entreprises retenues doivent promouvoir des valeurs d’équité, de diversité, être inclusives et écologiquement responsables.

Les deux Français ont d’abord pensé leur plateforme pour favoriser l’embauche des femmes, mais elle est appelée à s’ouvrir aux candidatures d’hommes. “Si une femme fait embaucher un homme, celui-ci l’aidera en retour”, assure Hugues Seureau.

Lancée en France, en Suisse et en Belgique en janvier dernier, Essteem a déjà regroupé 200 adhérents. Aux Etats-Unis, Sylvain Dechartres et Hugues Seureau comptent sur des réunions Meetup et sur des concours de parrainages pour faire connaître leur projet.

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