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Exposition Larry Clark: photo explicite à la Une de Libération en signe de soutien

Libération a décidé de publier à la Une de son édition de jeudi une photo extrêmement explicite de Larry Clark en signe de soutien à l’artiste américain, dont l’exposition qui s’ouvre vendredi au Musée d’Art Moderne (MAM) de Paris a été interdite aux moins de 18 ans.

Selon la version électronique de cette Une reçue par l’AFP, le cliché en noir et blanc représente deux adolescents nus en train de se caresser sur un canapé, la jeune fille tenant le sexe de son partenaire dans la main. Il est surmonté du titre « Larry Clark censuré, Interdit aux moins de 18 ans ». »La mairie de Paris prive les mineurs de l’exposition du photographe et cinéaste américain, chroniqueur du monde adolescent, de crainte de plaintes d’associations réactionnaires. Une décision choquante, condamnée par l’artiste », explique Libération en bas de page. « Personne ne conteste qu’il faille réguler la représentation publique de la pornographie ou bien proscrire les images à contenu manifestement pédophilique », explique le directeur du quotidien, Laurent Joffrin, dans son éditorial. « Le problème, c’est que les photos de Larry Clark, artiste respecté et talentueux, qu’on se dispose à interdire aux moins de 18 ans, ne ressortissent en rien à cette catégorie », estime-t-il, soulignant notamment que « ses photos ont été exposées dans d’innombrables lieux sans être interdites. »

Il y a trois ans, l’oeuvre de Larry Clark avait en effet déjà été exposée sans problème à Paris, à la Maison européenne de la photographie (MEP). On peut voir dans la rétrospective présentée au MAM une série où des ados s’injectent de la drogue, font l’amour, sont nus. Dans un cliché en noir et blanc, une femme enceinte prise de profil s’enfonce une seringue dans le bras. Selon Fabrice Hergott, directeur du MAM, les photographies ayant valu à cette rétrospective d’être interdite aux mineurs « représentent seulement 10% de l’exposition ». Une telle interdiction est « très rare » et « c’est la première fois qu’elle est appliquée » depuis « la nouvelle loi votée en 2007 », a précisé M. Hergott, rappelant que ce texte rend susceptible de poursuite toute présentation à un public mineur de photographies pouvant avoir un caractère pornographique. Interrogé par l’AFP sur les risques encourus par Libération pour la publication d’une telle photo en Une, Gérard Lefort, responsable des pages Culture du journal, a indiqué que la rédaction avait au préalable pris l’avis de son avocat. « On lui a soumis la Une et il nous a donné son feu vert », a dit M. Lefort, qui signe l’article accompagnant cette Une.

 

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