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Cinq beaux livres à offrir pour les fêtes

Editions rares, précis de mode et d’art de vivre sur papier glacé et recettes de cocktails anciens : France-Amérique a sélectionné cinq beaux livres sur la France, publiés en anglais par des éditeurs prestigieux. A déposer au pied du sapin.

 

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Eternally Ritz

En 1898, le Suisse César Ritz inaugurait au 11 place Vendôme, à Paris, un palais doté de « tous les raffinements qu’un prince souhaiterait trouver dans sa propre résidence ». Très moderne pour l’époque, le Ritz fut immédiatement adopté par les célébrités du monde entier. L’actrice Marlene Dietrich, la duchesse de Windsor, la cantatrice Maria Callas, Cornelius Vanderbilt et Henri de Rothschild étaient des habitués. Les écrivains français aussi, de Jean Cocteau à Colette, locataire de 1934 jusqu’à sa mort d’une suite au troisième étage, et Marcel Proust, qui y fêtera son prix Goncourt pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs en 1920. Pendant les Années Folles, le palace devient le rendez-vous des Américains ayant fui la Prohibition. Scott Fitzgerald, auteur de la nouvelle Un diamant gros comme le Ritz, et Ernest Hemingway, en écrivirent alors la légende. De nos jours, le palace parisien poursuit sa course à l’excellence, dans laquelle chaque détail compte : la qualité irréprochable des literies et les menus de chefs, comme les écrans ultraplats incrusté dans les miroirs des chambres. Laure Verchère rend hommage à ce palace où se côtoient l’histoire et la modernité.

Eternally Ritz, by Laure Verchère (Assouline, 85 dollars)

 

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The Complete Costume History

Les six volumes de l’encyclopédie du dessinateur et lithographe Albert Racinet, Le Costume historique, publié à Paris entre 1876 et 1888, firent longtemps autorité. Réunis depuis en un même ouvrage, ils viennent d’être réédités par Françoise Tétart-Vittu, ancienne conservatrice du Musée Galliera, le musée de la mode et du costume de la ville de Paris. Les 636 pages sont une invitation au voyage, de l’Antiquité égyptienne à l’Angleterre victorienne. On y croise des paysans russes, des guerriers aztèques, des toges et des chapeaux haut-de-forme. Racinet consacre l’essentiel de ses illustrations aux civilisations occidentales. Ce qui ne l’empêche pas de décrire avec enthousiasme les « Peaux-Rouges » du Kansas et du Nebraska, les Choktaws de la vallée du Mississippi et les « Esquimaux » du Grand Nord canadien. Chaque planche est accompagnée des observations de l’auteur, souvent instructives, parfois empreintes des préjugés de son époque. On apprend notamment que la peau de bison tannée, qui « sert de paletot, de lit et de couverture », porte le nom de « mahitou » et que « le niveau de l’industrie des Killimous [une tribu native de l’Oregon] n’égale pas celui des nègres africains sachant tisser et teindre les étoffes ».

Racinet: The Complete Costume History, by Françoise Tétart-Vittu (Taschen, 70 dollars)

 

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The French Riviera in the 1920s

Dans l’entre-deux-guerres, la Côte d’Azur devient le lieu de villégiature préféré des Américains fortunés qui s’y installent pour y passer l’hiver. Un couple d’expatriés américains hédonistes, Gerald et Sara Murphy, découvre la ville d’Antibes. Ils y font construire la Villa America, un chef-d’œuvre de modernité conçu par deux architectes américains, où ils reçoivent leurs amis Picasso et Man Ray. Ils seront bientôt rejoints par les écrivains de la Génération Perdue qui s’y donnent rendez-vous au soleil, loin de New York. Une vie intellectuelle foisonnante s’établit. Jean Cocteau, le couple Fitzgerald (Scott y écrira Gatsby le Magnifique), le compositeur de Broadway Cole Porter et Ernest Hemingway créent ainsi le mythe de la « French Riviera ». L’historien et critique d’art Xavier Girard revient sur cette ère d’insouciance dans un magnifique album composé d’images d’archives inédites, issues de collections privées, illustrant l’émulation intellectuelle joyeuse des Années Folles dans ce coin du sud de la France.

The French Riviera in the 1920s, by Xavier Girard (Assouline, 195 dollars)

 

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Château Life

Vous rêvez de faire vos bagages et de vous installer en France dans un château ? L’Australienne Jane Webster a fait de cette chimère une réalité en achetant en 2004 le château de Bosgouet, en Normandie, où elle anime des ateliers culinaires pendant les mois d’été. De cette expérience hors du commun, l’auteur a tiré plusieurs ouvrages : At My French Table, French Ties. Dans son dernier livre, elle nous ouvre les portes de sa demeure du XIXe siècle pour montrer au lecteur comment les châtelaines contemporaines vivent, cuisinent, dressent la table et reçoivent leurs invités. Du potager aux grands banquets donnés dans les jardins du château, en passant par la visite du marché de producteurs locaux, elle poursuit là son « obsession dévorante » pour la gastronomie et l’art de vivre de son pays d’adoption. L’album est enrichi de soixante recettes familiales variées, superbement photographiés par Robyn Lea : soufflé aux trois fromages, panna cotta à la crème de citron et aux baies fraîches, tourtes… Un vrai conte de fées.

Château Life, Cuisine and Style in the French Countryside, by Jane Webster (Assouline, 85 dollars)

 

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Apéritif

C’est un terme qui n’a pas d’équivalent en anglais : les expressions « cocktail hour » et « pre-dinner drinks » sont approximatives. Les Américains utilisent donc le mot français « apéritif » (et sa version abrégée, apéro) pour désigner à la fois une boisson légère et cette heure conviviale que l’on passe avec ses amis à siroter un cocktail ou un verre de vin, en fin de journée. La journaliste américaine Rebekah Peppler, qui partage sa vie entre Los Angeles et le XVIIIe arrondissement de Paris, consacre un livre à ce rituel symbolique de l’art de vivre à la française. « L’apéro est bien plus qu’un verre d’alcool et un en-cas avant le dîner », écrit-elle. « C’est aussi le moment qui mène à la soirée et célèbre son commencement. » Après tout, apéritif vient du latin aperire qui signifie « ouvrir » ! Selon la saison de l’année, on se réfèrera à l’une des 54 recettes de cocktails qui font la part belle aux alcools français traditionnels comme le Dubonnet, le Byrrh, le Lillet, la Suze ou le Pastis. En hiver, ou « lorsqu’il vraiment trop froid dehors », on commandera volontiers un Dubonnet Cassis, un Vert Jus ou un Vin Chaud Rouge. L’été, on optera plutôt pour un Suze Tonic, un Kir-Beer ou un Perroquet. Santé !

Apéritif: Cocktail Hour the French Way, by Rebekah Peppler (Clarkson Potter, 18,99 dollars)

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