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Cinq astuces pour mieux manger aux Etats-Unis

Comment lire les étiquettes sur les produits américains ? Quels labels privilégier ? A l’occasion de la parution de son livre Bien manger aux Etats-Unis, la docteur en pharmacie et Française expatriée au Kansas Isabelle Guglielmi livre ses conseils pour améliorer son alimentation, en utilisant des produits américains.


France-Amérique : Quelle est la règle d’or pour améliorer son alimentation aux Etats-Unis ?

Isabelle Guglielmi : Il faut éliminer au maximum les sucres ajoutés et additifs. L’alimentation américaine est plus riche en sucres que l’alimentation française : on en trouve dans les produits salés (jambon, vinaigrette, sauce tomate…) et en quantités importantes dans les produits transformés. Le High Fructose Corn Syrup (HFCS) est l’un des plus répandus, car il est bon marché. Il est créé à partir de maïs, un secteur de l’agriculture subventionné, et fait partie des OGM. Il favorise l’apparition du diabète de type 2 et de l’obésité. D’autres édulcorants de synthèse sont présents dans les produits, même s’ils portent la mention “sugar free”. La Food and Drug Administration (FDA) autorise également une liste de 10 000 additifs alimentaires (arômes, exhausteurs de goûts). Il est donc préférable de consommer des aliments moins transformés, même si tous ne sont pas faciles à éliminer de son régime, comme la farine et le pain.

Biologique ou “organic” : comment s’y retrouver dans les labels ?

On entend souvent dire que l’agriculture biologique aux Etats-Unis n’en est pas une et qu’elle a peu d’importance, ce qui est faux. En Europe, les aliments portant le label “biologique” sont issus de l’agriculture biologique. Aux Etats-Unis, les règles de la production “organic” sont fixées par le Department of Agriculture (USDA) selon un cahier des charges précis. Il concerne les fruits, les légumes et les produits issus d’animaux (sauf le poisson), ainsi que les produits transformés qui sont constitués au moins à 70% de substances “organic”. Les aliments qui portent ce label peuvent contenir des additifs issus d’une liste préétablie, généralement de sources naturelles.

Qu’acheter en “organic” ?

Chaque année, l’Environmental Working Group publie la “dirty dozen”, la liste des douze fruits et légumes contenant le plus de pesticides. Il est conseillé de les acheter “organic”. En 2018, il s’agissait des fraises, des épinards, des nectarines, des pommes, des raisins, des pêches, des cerises, des poires, des tomates, du céleri, des pommes de terre et du poivron doux. L’association publie aussi les “clean fifteen” : la liste des 15 légumes contenant le moins de produits nocifs, que l’on peut acheter en “conventionnel”. Parmi eux, les avocats, le maïs doux, les ananas, le choux, les oignons, les petits pois surgelés, la papaye, les asperges, les mangues, les aubergines, le melon d’eau et le melon, les kiwis, le chou fleur et le brocoli.

Qu’en est-il des OGM ?

La législation française n’autorise pas la culture d’organismes génétiquement modifiés. Aux Etats-Unis, ceux-ci sont utilisés depuis des années et concernent de plus en plus de produits. Ils sont apparus pour rendre les cultures résistantes à certains herbicides, comme le Roundup, et contiennent de fait davantage de pesticides. Les cinq principales plantes OGM sont le maïs, le coton, le colza, le soja et les betteraves sucrières. Aucun label ne précise qu’ils sont génétiquement modifiés et près de 80% des produits transformés sont issus de plantes OGM sans que cela ne soit notifié sur l’emballage.

Manger des aliments “organic” est la seule façon d’éviter à la fois les pesticides et les OGM. Pour le lait et la viande, c’est l’assurance qu’ils ne contiennent pas d’hormones de croissance et d’antibiotiques, et que les animaux aient consommé une nourriture adaptée.

Trouve-t-on des produits de saison ?

Dans la plupart des supermarchés, on trouve la majorité des légumes toutes l’année, et davantage de fruits en été – mis à part la Californie, où l’on trouve de tout en permanence. Dès le début du mois de septembre, les courges et citrouilles apparaissent : c’est un effet de mode comme de saison. Si certaines variétés comme la courge butternut ou le potimarron se sont implantées en France, de nombreuses autres restent spécifiquement américaines comme la courge poivrée.


Bien manger aux Etats-Unis : les bons réflexes pour une alimentation saine
est le quatrième livre d’Isabelle Guglielmi, fondatrice de la plateforme francophone AmerikSanté.