Je m'abonne

Françoise Brougher, une Française chez Google

Françoise Brougher travaille depuis six ans au Googleplex, le siège social du géant Google, situé au cœur de la Silicon Valley, en Californie. Dans ce cadre exceptionnel, cette femme d’entreprise dynamique supervise les opérations commerciales de vente en ligne et de gestion des produits.

Françoise Brougher, 46 ans, est un bon exemple de la fuite des cerveaux français aux Etats-Unis. Depuis 2010, cette Marseillaise est en charge des ventes et opérations internationales en ligne de l’utilisateur pour le géant Google, dans la Silicon Valley. Le point d’orgue d’une carrière bien remplie. « Après un diplôme d’Ingénieur de l’Institut catholique d’arts et métiers (ICAM) de Lille, j’ai poursuivi avec un Master en Business Administration (MBA) à Harvard. J’ai ensuite été embauchée chez L’Oréal, au Japon. » Après cinq ans passés chez la start-up Booze, elle est recrutée comme vice-présidente en stratégie d’entreprise à Charles Schwab, à San Francisco.

« J’ai accepté de rester vivre aux Etats-Unis avec mon mari, rencontré à Harvard, à une seule condition : que l’on reste en Californie. C’est le climat et le style de vie qui se rapprochaient le plus de mon Sud de la France natal. En fermant les yeux dans la Napa Valley, je me sens en Provence. Je peux faire du sport en extérieur toute l’année. Et pour la vie culturelle, il y a San Francisco. » Très vite, l’envie de rejoindre le groupe Google démange cette Française ambitieuse. « C’était l’entreprise américaine la plus intéressante pour sa capacité d’innovation technologique. J’avais déjà postulé par le passé sans succès. Je l’ai fait à nouveau en 2005 et cette fois, tout s’est passé très vite pour moi. J’ai passé un entretien et j’ai été embauchée tout de suite. »

Françoise Brougher rejoint la société en tant que vice-présidente, chargée des activités commerciales. Au Googleplex californien, devenu le symbole emblématique d’une autre façon de vivre au travail, elle goûte aux avantages et à la liberté d’action qu’offre l’entreprise. Navettes, horaires aménagées, services divers. Le complexe est situé sur la commune de Mountain View, au milieu de plusieurs parcs. Un cadre qui fait pâlir d’envie beaucoup d’employés entassés dans les bureaux des grosses métropoles. Googleplex a d’ailleurs été classé par le magazine Forbes en 2008 comme « le meilleur endroit pour travailler aux Etats-Unis ».

Solidaire des femmes africaines

Mais Françoise ne traîne pas à la salle de sport, chez le coiffeur ou à la piscine le soir. Car Françoise est maman de trois enfants. Un deuxième métier, rendu possible grâce à la politique d’entreprise de Google qui sait s’adapter aux besoins des parents. « Chez Google, les gens sont extrêmement respectueux des besoins des familles. On me laisse partir à 18h. Je peux ainsi passer du temps avec mes enfants à mon retour et je refais un saut derrière l’ordinateur vers 21h, avant de me coucher. » La politique Google s’invite jusque dans son foyer, où elle nourrit ses trois jeunes pousses de conseils parentaux : « suivez votre instinct, faite confiance à votre jugement, n’attendez pas pour agir et demandez pardon quand vous avez tort ! »

Comme tous les employés de Google, Françoise pense que la haute technologie a un rôle à jouer dans l’éducation et le développement économique de certains pays en voie de développement. Une conviction qui l’a poussée, à partir en Afrique subsaharienne. « Le but était de faire avancer l’éducation des femmes, avec l’aide de l’Etat américain, dans des pays très pauvres comme le Liberia ou la Sierra Leone. » Là-bas, elle a aidé à développer l’infrastructure Internet de façon civique. Grâce, par exemple, aux applications mobiles qui demandent très peu de bande passante.

« C’est une expérience très riche en apprentissage et en rencontres humaines. J’ai beaucoup travaillé avec les universités locales. Nous avons ouvert un grand bureau local à Nairobi, une présence au Nigéria, au Ghana, au Sénégal et en Ouganda. » L’objectif à terme est d’embaucher des locaux et de poursuivre le développement en Afrique, avec des gens déjà sur place, issus des ONG par exemple, dont Google assure la formation. « Google envoie aussi des étudiants africains en stage, en Suisse notemment », précise Françoise Brougher.

Who’s Who 2011

Fascinée par le melting-pot des cultures de la Napa Valley, l’innovation dans la vallée des cerveaux de Mountain View et la diversité des perspectives, la Française n’imagine pas quitter son emploi ou sa région de sitôt. « Il serait difficile pour moi de partir, même à New York. Je trouve la Californie absolument superbe et le dynamisme de la région au niveau des nouvelles technologies est unique. » Pourrait-elle un jour se laisser tenter et rejoindre les rangs de Facebook, situés à quelques kilomètres seulement du Googleplex, à Palo Alto ou ceux d’Apple ?

« J’ai un boulot très intéressant donc le changement n’est pas d’actualité », assure-t-elle. Avec quatre équipes sous mon égide, dont trois Français, des voyages dans le monde entier toutes les trois semaines pour aller visiter les équipes, le plus souvent en Irlande, en Pologne ou à New York et des grands projets d’extension des centres de recherche en Afrique et ailleurs, Françoise n’a pas le temps de s’ennuyer. Le comble pour cette Française ? Elle n’a jamais mis les pieds dans le bureau parisien de Google, alors qu’elles connaît presque la totalité des bureaux dans le monde. « Il faudrait quand même que je m’y rende un de ces quatre », plaisante la Marseillaise qui peut se targuer d’avoir fait son entrée au prestigieux bottin mondain du Who’s Who cette année.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related