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L’animation française fait son festival à New York

Le cinéma d’animation n’est pas un genre réservé aux enfants. Pour démonter cette idée largement répandue aux Etats-Unis, le FIAF de New York organisera les 2, 3 et 4 février prochains le premier festival d’animation française aux Etats-Unis.

A cette occasion, la programmatrice cinéma du FIAF Delphine Selles-Alvarez et sa collègue Catherine Lamairesse, en charge des évènements, expliquent la genèse de ce festival et applaudissent le succès des studios d’animation français aux Etats-Unis.

France-Amérique : Le succès des films français Ma vie de courgette, nominé aux Oscars en 2017, et Garden Party, nominé cette année, a-t-il motivé votre décision d’organiser ce festival ?

Delphine Selles-Alvarez : Entre autres, oui. L’animation française jouit d’une excellente réputation aux Etats-Unis. Les artistes, animateurs et programmeurs français sont débauchés par les studios hollywoodiens dès leur sortie de l’école. Les studios français ne sont pas en reste. Les Minions, les personnages des films Moi, moche et méchant, ont été créés en région parisienne par le studio Illumination Mac Guff [une filiale de l’Américain Universal depuis 2011]. Nombre d’autres dessins animés populaires aux Etats-Unis ont été créés en France. C’est le cas des séries Les Lapins Crétins, Martin Mystère et Totally Spies.

Qu’est-ce qui différencie selon vous les créateurs français ?

Catherine Lamairesse : La tradition du cinéma en France n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. Idem pour l’animation. Le soutien de l’Etat à la culture permet la création de films qui n’auraient pas pu voir le jour autrement. La France possède également d’excellente écoles d’animation — les Gobelins à Paris, Supinfocom à Valenciennes, la MoPA à Arles ou encore l’EMCA à Angoulême. Ce paysage participe de la diversité des productions françaises et permet aux professionnels de l’animation d’être très artisanaux, très artistiques dans leur approche. Les studios américains, pour leur part, tendent à privilégier des projets de grande ampleur et faciles à reproduire et sérialiser.

Quels seront les temps forts de ce festival ?

Delphine Selles-Alvarez : Le festival a pour mission de faire découvrir la diversité de l’animation française, des prémices de l’image animée au XIXe siècle à la réalité virtuelle. Nous ouvrirons le festival par une projection en 3D du film Minuscule, qui superpose animations et images tournées dans le Parc des Ecrins, ainsi qu’une sélection de court métrages érotiques réalisés à l’aide d’aquarelles, de crayon gras, de grains de sable ou encore de poupées en plastique. Nous montrerons également La Planète Sauvage, le film onirique de René Laloux sorti en 1973, et La Tortue Rouge, une production franco-japonaise nominée aux Oscars en 2016. Le réalisateur et invité d’honneur du festival, le Néerlandais Michaël Dudok de Wit, sera là pour présenter le making of du film — un travail de neuf ans ! En parallèle des projections, les visiteurs pourront découvrir une exposition d’affiches en réalité augmentée, une série de films en réalité virtuelle et une arcade de jeux vidéo.


Animation First

Du 2 au 4 février 2018
FIAF
55 East 59th Street
New York, NY 10022

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