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Des présidentielles françaises à l’heure américaine

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Souvent, nos amis américains demandent si l’élection de Donald Trump a quelques répercussions sur l’élection du président français. Il nous semble que non car, dans chaque pays, les élections sont avant tout des affaires locales, peu influencées par ce que se passe à l’extérieur. Le propos est à nuancer cependant, car on assiste à une lente et progressive influence de la politique américaine sur la politique française.

Ainsi le principal parti de droite en France, gaulliste et démocrate chrétien à l’origine, s’appelle depuis deux ans Les Républicains, ce qui est une référence directe et non dissimulée au Parti républicain des États-Unis. Son candidat, François Fillon, se réclame à la fois du conservatisme social et de l’économie de marché, ce qui est exactement la synthèse américaine qu’entend représenter le Parti républicain.

Un autre emprunt significatif au régime américain, récent, est le recours aux Primaires pour sélectionner le candidat du Parti. On observera qu’en France, comme aux Etats-Unis, les Primaires favorisent les outsiders. Les Républicains, à leur propre surprise, ont désigné François Fillon contre des candidats plus représentatifs de l’establishment, comme l’était Alain Juppé. C’est ce qui s’est produit aux Etats-Unis après la désignation de Donald Trump.

Pareillement, les militants socialistes ont sélectionné Benoît Hamon, relativement inconnu, plutôt que leur leader naturel qui aurait été le Premier ministre sortant, Manuel Valls.

Enfin, la candidate nationaliste, Marine Le Pen, bien qu’issue d’une très ancienne tradition française, favorable au repli sur soi et à la fermeture des frontières, s’identifie volontiers à Donald Trump ; elle voit en lui un modèle, mais ce n’est pas, pour ses électeurs, un argument déterminant.

On notera dans cette élection une permanence de l’antiaméricanisme français, mais sans l’excès de naguère : le candidat d’extrême-gauche, Jean-Luc Mélenchon, raille le capitalisme américain, mais plus guère avec le vocabulaire de guerre froide des années 1960. Le candidat conservateur, François Fillon, et la candidate nationaliste, Marine Le Pen, évoquèrent un rapprochement possible avec la Russie de Poutine, mais c’est moins par hostilité envers les Etats-Unis que pour restaurer ce qu’ils estiment devoir être la place de la France, à mi-chemin entre les grandes puissances plutôt qu’alignée sur l’une d’entre elles : c’est la vieille tradition gaulliste.

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Plus généralement, le faible ou inexistant antiaméricanisme des candidats témoigne du recul général chez les intellectuels français de l’hostilité envers les États-Unis, le capitalisme et la société de consommation. À l’exception de Madame Le Pen, les politiciens sont en voie de réconciliation avec ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation aux couleurs des Etats-Unis.

Avant même de connaître le résultat, très incertain à quelques jours du scrutin, quelques traits majeurs se dégagent de cette campagne, certains inattendus. Le plus surprenant et que nul n’aurait envisagé, il y a trois mois, la percée du candidat centriste, Emmanuel Macron.

De tradition, comme aux Etats-Unis, comme partout, la droite s’oppose à la gauche et le centre est pulvérisé, voué à se rallier à l’un ou à l’autre. Cette fois-ci, l’inverse arrive : Macron, ni socialiste, ni conservateur, est le vainqueur possible. Tel un aimant, il rallie les ténors de la gauche comme de la droite. Son parti, qui n’existait pas il y a six mois, En Marche, devient, par ses membres inscrits, le premier parti de France. La personnalité de Macron, plus que son programme, séduit : sa jeunesse surtout, il a 39 ans, et sa nouveauté. Bien des Français sont en quête d’un renouvellement de la classe politique, ce que Macron incarne, et de solutions concrètes, non idéologiques, ce que Macron promet. Soudain, il donne un coup de vieux à tous les autres candidats et autres partis historiques, y compris au Front national de Madame Le Pen. Son inexpérience totale ne dérange pas ses supporters, bien au contraire, et nombre de jeunes, qui d’ordinaire s’abstiennent, sont aujourd’hui tentés par Macron.

Autre enseignement de cette campagne, quel que soit le résultat final : l’effondrement de la gauche. Celle-ci est divisée entre deux candidats rivaux, farouchement antinomiques, Jean-Luc Mélenchon radicalement anticapitaliste, héritier de la Révolution jacobine et du communisme, et en face, Benoît Hamon, un social-démocrate teinté de libertaire qui se singularise en proposant la légalisation du cannabis… comme au Colorado.

A l’évidence, la gauche française ne parvient pas à se rénover et à épouser une ligne claire à l’image de la social-démocratie allemande, suédoise ou britannique. Du côté du Front national, on serait tenté de dire : rien de nouveau. Le nationalisme français, anti-européen, anti-immigration, anticapitaliste, vient de loin dans l’histoire de France : depuis qu’il s’est trouvé un leader charismatique, Jean-Marie Le Pen initialement, puis sa fille Marine, il attire un quart des électeurs, mais pas plus. Dans un système majoritaire comme l’est la démocratie française, le Front national ne peut pas gagner, parce qu’au second tour, il suscite l’alliance de tous les autres contre lui, au nom des valeurs dites républicaines. Il n’empêche que la puissance inaltérable du Front national révèle qu’un quart des Français se sent mal à l’aise dans la France moderne et ouverte sur le monde : ce qui est préoccupant.

La forme ultime d' »américanisation » de la vie politique française telle que révélée dans cette campagne est la personnalisation du scrutin. On s’attache moins aux programmes, auxquels nul ne croit trop, qu’aux candidats. Qu’importe le programme de Macron, puisqu’il a 39 ans. Qu’importe le caractère fantaisiste du programme de Mélenchon aussi longtemps qu’il est révolutionnaire. Peu importe ce que propose Marine Le Pen aussi longtemps qu’elle se dresse contre ce qu’elle appelle l’islamisation de la France.

Quant à François Fillon qui, il y a trois mois, paraissait certain de l’emporter, son programme qui est le plus construit de tous est oublié depuis que lui-même et son épouse sombrent dans un scandale financier.

Il est d’ailleurs nouveau, sans précédent dans les campagnes antérieures, que l’honnêteté des candidats soit, cette fois-ci, scrupuleusement analysée. Naguère, la corruption occupait peu les Français, qui considéraient que tous les hommes politiques étaient plus ou moins malhonnêtes. Sans doute, les réseaux sociaux, ardents à dénicher les secrets de famille, ont-ils contribué à placer la corruption et la fortune des candidats au cœur du débat. Une grande différence subsiste avec les États-Unis : les Français ne sont pas prêts de voter pour un milliardaire. Alors que Donald Trump n’a cessé de mettre en avant sa fortune, tous les candidats français expliquent qu’ils sont pauvres. Ou presque…


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