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De New York à Paris… en voiture !

A l’occasion du 110e anniversaire de la mythique course automobile New York-Paris, six voitures anciennes quitteront Rhinebeck, dans l’Etat de New York, le 20 juin prochain. Première étape : Oakland, en Californie, avant de rouler vers la France !

Le vacarme des huit cylindres couvre la conversation. Au bout du fil, dans la banlieue nord de Dallas, Jack Crabtree coupe le moteur de son bolide — une Ford Model A Speedster de 1929. Sa voiture, peinte rouge vif pour l’occasion, est prête. « Sa vitesse de pointe était de 65 kilomètres par heure à la sortie de l’usine », commente l’ancien sous-marinier de l’U.S. Navy, 66 ans. « Je peux maintenant la pousser à 120 si besoin ! »

L’objectif de l’Américain, qui prendra la route avec sa femme Mary et cinq autres équipages, eux aussi américains, est de refaire le trajet de la course automobile New York-Paris de 1908. Un périple de 35 400 kilomètres autour du monde.

Une affaire franco-américaine

Au début du siècle, une époque où « l’automobile est la chose la plus fragile et la plus capricieuse sur Terre », le New York Times et le quotidien français Le Matin organisent une course automobile entre New York et Paris. L’itinéraire prévoit d’abord de traverser le détroit de Béring, gelé en hiver, mais les concurrents rejoignent finalement le Japon puis la Russie en bateau. Six équipes nationales — trois françaises, une américaine, une allemande et une italienne — prennent le départ, à Times Square, le 12 février 1908. Deux cent cinquante mille curieux assistent à l’événement sous la neige.

A peine quelques heures après le départ, la Sizaire-Naudin française heurte un rocher. Le différentiel hors d’usage, Auguste Pons et ses deux équipiers sont contraints d’abandonner la course. La traversée des Etats-Unis est une épreuve en elle-même. Une autre voiture française s’embourbe dans les plaines du Midwest et abandonne à proximité de Carroll, dans l’Iowa.

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La Dedion-Bouton française arrive à Utica, dans l’Etat de New York. © Library of Congress

La seule voiture américaine, une Thomas Flyer pilotée par George Schuster, manque d’être happée par des sables mouvants dans le Nevada, mais finit par arriver en tête à San Francisco le 24 mars 1908. Après une étape japonaise et une nouvelle traversée en bateau jusqu’à Vladivostok, les difficultés reprennent. Des brigands sévissent en Sibérie et la fonte des neiges rend la toundra russe impraticable. La dernière voiture française, une Dedion-Bouton, abandonne.

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La Thomas Flyer américaine s’est enlisée. © Library of Congress

L’équipage américain entre dans Paris après 169 jours de voyage, le 30 juillet. Ils partagent une récompense de 1 000 dollars et sont reçus par le président Théodore Roosevelt. La voiture 4 cylindres, restaurée dans son état original, est aujourd’hui exposée au Musée national de l’automobile de Reno, dans le Nevada.

Une version abrégée de la course

Plus d’un siècle plus tard, l’itinéraire est toujours un défi. La course anniversaire a été annulée en 2008, faute d’un visa accordé par la Chine aux conducteurs. Cette année, en raison d’une alerte du Département d’Etat américain concernant la Russie, les segments asiatiques et européens de la course ont été annulés.

Le périple s’achèvera en Californie, mais l’esprit de 1908 perdure. L’arrière-petit-fils du pilote George Schuster prendra part à la course à bord d’une Ford Model A Roadster Pickup de 1929. Pour respecter le tracé original, l’itinéraire privilégiera les routes nationales aux autoroutes. Les six équipages s’arrêteront chaque soir dans un motel, mais le confort s’arrête là : sans fenêtres, les voitures sont ouvertes aux intempéries !

« Une épaisse couverture de laine permet de conserver la chaleur dégagée par le moteur », assure Jack Crabtree. En guise de reconnaissance, il a accompli le trajet New York-Paris avec sa femme entre avril et juillet 2011. « Ces voitures anciennes sont inconfortables, mais c’est ce qui fait leur charme. Elles sont aussi un excellent moyen d’entamer une conversation en Russie, en Chine ou en Europe ! »

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