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Georges Bigot met en scène « Macbeth » à Chicago

Jusqu’au 4 décembre, l’acteur et metteur en scène français Georges Bigot, connu pour son rôle au Théâtre du Soleil dans les années 1980, présente à Chicago une adaptation moderne de Macbeth qu’il prépare depuis un an avec une troupe locale, Theatre Y.

France-Amérique : Comment a commencé votre collaboration avec Theatre Y ?
Georges Bigot : Il y une dizaine d’années, le dramaturge et metteur en scène américain Christopher Markle m’avait invité à donner une masterclass de théâtre à Northern Illinois University où il enseignait. La comédienne Melissa Lorraine suivait un de mes cours. Elle m’a recontacté en 2015 pour me proposer de prendre la direction artistique de Theater Y, la troupe qu’elle avait fondée avec Christopher Markle en 2006.

Vous êtes parvenus à unifier la compagnie et à en faire une troupe soudée. Quelle a été votre rapport avec les comédiens ?
A mon arrivée, il n’y avait aucun esprit de groupe. Sur scène, chacun jouait indépendamment des autres. Chicago, et les Etats-Unis en général, n’ont pas cette tradition des compagnies théâtrales qui existe en France. Les comédiens, indépendants, n’ont pas l’habitude de travailler ensemble et exercent tous une autre activité pendant la journée. En théâtre, les Américains ont aussi tendance à être individualistes et dans une certaine retenue d’eux-mêmes. Pour jouer Macbeth, dix-huit comédiens âgés de 11 à 63 ans et venant de milieux sociaux très différents ont dû se rendre disponibles, travailler en équipe et être plus offensifs dans leur jeu d’acteur. Ce qui a participé à souder l’ensemble.

Pourquoi avoir choisi de revisiter Macbeth ?
Un jour d’octobre 2015, je me baladais dans les rues de Chicago. On pouvait sentir l’arrivée imminente d’Halloween qui, dans la mythologie celtique, est un moment de questionnement sur la mort. C’était aussi le coup d’envoi médiatique des élections présidentielles américaines. Ces deux évènements m’ont fait penser à Macbeth : l’ambition qui dévore le personnage principal est telle qu’elle le pousse à tuer le roi Duncan. Il commet un régicide, l’impensable. Torturé par la culpabilité et la paranoïa, il finit par tomber dans la folie.

Etait-ce aussi l’occasion de faire un parallèle avec la lutte pour la Maison Blanche ?
Le couple Macbeth ressemble à Hillary et Bill Clinton, mais aussi à Donald et Melania Trump. Le drame de Macbeth nous renvoie à nos peurs les plus profondes et à la manière dont elles sont manipulées et instrumentalisées par le pouvoir politique. Le parallèle est flagrant !

Informations pratiques :
Macbeth
Au Chopin Theater, Chicago, IL
Jusqu’au 4 décembre 2016

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