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Grenoble: les trois derniers suspects libérés

Les trois derniers hommes encore en garde à vue après une vaste opération de police à Grenoble mercredi, liée au braquage du casino d’Uriage, ont été remis en liberté jeudi peu après que le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux eut installé le GIR de l’Isère.

Alors que Brice Hortefeux venait de demander à ce Groupe d’intervention régional de « frapper là où ça fait mal », la juge chargée du braquage – après lequel l’un des malfaiteurs (Karim Boudouda) avait été tué par la police contre qui il venait d’ouvrir le feu avec des armes de guerre – a décidé de lever la garde à vue.

Un premier homme avait déjà été remis en liberté dans la soirée de mercredi. Ils « n’ont pas participé au vol à main armée du casino d’Uriage et aux fusillades qui ont suivi, aucune charge n’a été retenue contre eux », a-t-on souligné de source judiciaire. Leur garde à vue a toutefois contribué à « recueillir des éléments permettant de faire avancer l’enquête », a-t-on assuré de même source.

Cette opération de police visait à « mieux connaître l’identité du complice de Boudouda », actuellement en fuite, a expliqué M. Hortefeux, estimant qu’elle était « un succès ».

« L’action prioritaire » du GIR de l’Isère, le premier à vocation départementale hors Ile-de-France, a souligné le ministre, sera de « contribuer à la sécurisation des quartiers sensibles », notamment celui de la Villeneuve, théâtre des principaux incidents de la mi-juillet.

La lutte contre l’économie souterraine ne sera pas occultée, au contraire: « il faut y aller, il faut frapper là où ça fait mal, au portefeuille », a lancé le ministre aux huit permanents de ce nouveau GIR, auquel participeront – « une première », a-t-il relevé – des agents de la Caisse nationale d’assurance maladie et de la Caisse d’allocations familiales.

Selon Brice Hortefeux, « dans un certain nombre d’affaires, il y a deux aspects (d’économie souterraine): un train de vie en inadéquation avec les revenus et, souvent, des fraudes à la redistribution sociale ».

Or, a noté le ministre, « les fraudes aux prestations sociales constituent le premier sentiment d’injustice chez nos compatriotes ». A cet égard, un spécialiste de la fraude documentaire, membre de la police aux frontières (Paf) rejoindra le GIR de l’Isère.

« S’attaquer à toutes les formes d’expression de l’économie souterraine, ne négliger aucune parcelle, aucun recoin de la délinquance, c’est s’attaquer à toutes les sources du mal », a encore dit M. Hortefeux.

Il a souhaité que l’action du 36ème GIR de France soit « recentrée sur les narco-trafics, base principale de l’économie souterraine dans les quartiers sensibles de Grenoble, avec les braquages ».

La vocation départementale de ce GIR et sa composition allant au-delà des policiers, gendarmes, douaniers, agents du fisc, inspecteurs du travail, avec l’adjonction de ce spécialiste et des agents des Cnam et Caf, en font « une expérience pilote », a estimé le ministre.

Le GIR de l’Isère est placé sous la responsabilité du commandant de police Denis Dubuy, ancien chef de la section stupéfiants de la police judiciaire.

Mercredi soir, M. Hortefeux avait effectué une patrouille avec la Brigade anticriminalité (BAC) de la Ville en se rendant dans les quartiers de La Villeneuve, Renaudie, Mistral, Teisseire et Arlequin. Des membres de la BAC grenobloise ont fait l’objet de menaces de mort après les violences urbaines de la mi-juillet.

 

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