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Haïti: nouveau séisme, panique à Port-au-Prince

Les opérations humanitaires se déployaient mercredi en Haïti sous la protection des troupes américaines, dans une capitale en ruines et sous tension, frappée par un nouveau séisme au petit matin.

Alors que la recherche de survivants touchait à sa fin, huit jours après le tremblement de terre du 12 janvier, un séisme de magnitude 6 a ébranlé Haïti mercredi à 11H03 GMT. Son épicentre a été localisé à une profondeur de 9,9 kilomètres, à 59 km à l’ouest de Port-au-Prince.

Dans l’immédiat, aucun dégât n’était visible dans la capitale, selon les journalistes de l’AFP. A Petion-Ville, dans la banlieue de Port-au-Prince, la secousse a été ressentie pendant environ 10 secondes.

Jusqu’à présent, les équipes de secours accourues du monde entier ont retrouvé au total « 121 personnes » sous les décombres, avait annoncé un peu plus tôt à l’AFP la porte-parole de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) à Genève, Elisabeth Byrs.

Des survivants ont été encore sortis des gravats mardi, une semaine après le tremblement de terre de magnitude 7 qui a fait au moins 75.000 morts, 250.000 blessés et 1,5 million de sans abri, selon la protection civile haïtienne.

Ce sont « les miraculés du septième jour », a commenté Mme Byrs. Un bébé de 23 jours, une petite fille prénommée Elisabeth, a ainsi été sorti vivant des ruines d’une maison à Jacmel, une ville du sud d’Haïti, par des secouristes français.

Les spécialistes estiment que survivre sous les décombres plus d’une semaine tient du miracle et le général Daniel Ally, chef adjoint de l’opération américaine en Haïti, a annoncé que la phase de recherche de survivants allait « très bientôt » s’achever.

Mardi soir, Hoteline Losana, une jeune femme de 25 ans, a été extraite des décombres d’un supermarché, « consciente et en bonne forme », a déclaré à l’AFP Thierry Cerdan, responsable de l’ONG française Secouristes sans frontières.

Plus tôt, des pompiers mexicains étaient parvenus à sortir une septuagénaire des ruines de la cathédrale. Anna Zizi a même chanté sous les yeux ébahis des secours.

Plus sombre, le désespoir attise la violence et la tension est extrême dans les rues de Port-au-Prince. Mardi, une adolescente a été tuée par la police qui cherchait à disperser des pillards.

L’ambassadeur d’Haïti aux Etats-Unis, Raymond Joseph, a réclamé la fin des largages d’aide humanitaire par hélicoptère, qui ont donné lieu à des scènes de chaos. Mercredi, l’US Army devait ouvrir une nouvelle piste d’atterrissage à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Port-au-Prince pour délester l’aéroport de la capitale.

Plusieurs centaines d’hommes du corps expéditionnaire de la Marine américaine ont débarqué mardi au sud-ouest de Port-au-Prince pour aider à acheminer et distribuer l’aide humanitaire internationale.

Leur navire-amphibie, le Bataan, a emmené 2.200 Marines en Haïti. Dans le même temps, quelque 130 Marines sont arrivés à Léogâne, à 30 km à l’ouest de Port-au-Prince, une ville détruite à 90% selon l’ONU. Ils devaient distribuer des vivres dans un stade.

C’est donc l’armée américaine qui est aux avant-postes avec « environ 11.000 soldats envoyés soutenir les opérations en cours à Haïti et au large des côtes, sur des navires de la Marine et des garde-côtes », selon l’état-major.

A Port-au-Prince, huit hôpitaux, dont la moitié sont des structures de campagne, sont opérationnels ainsi que le navire-hôpital américain Comfort.

Sur le front des secours, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé d’envoyer 3.500 Casques bleus de plus en Haïti afin de renforcer la force de l’ONU, la Minustah, qui comptera alors 12.500 hommes.

Malgré des débuts difficiles, « nous avançons sur l’assistance humanitaire d’urgence », a estimé la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Emilia Casella. Le président haïtien René Préval a reconnu mercredi qu’il y avait un « problème de coordination » dans la distribution de l’aide.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, critiquée pour ne pas s’être rendue sur place, doit rencontrer mercredi aux Etats-Unis la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton puis le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour évoquer l’aide à Haïti.

Selon l’ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d’Etats, de personnes privées et d’entreprises, ont déjà été recueillies.

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