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La poignée de main

De la première rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump, il restera une image forte : la poignée de main interminable entre les deux présidents. Plus qu’un salut, le geste constitue une véritable déclaration d’indépendance.

A l’évidence, Macron avait observé les manières de Trump. Il avait notamment observé son handshake vigoureux, la traction de l’avant-bras pour attirer vers lui l’interlocuteur pris au dépourvu. Trump apparaissant ainsi comme le mâle dominant devant lequel on s’incline. Mais Macron a inversé la manœuvre. Le Français s’est emparé des phalanges de Trump, maintenant sa poigne pendant si longtemps qu’il en a fait blanchir les articulations de l’Américain.

Macron a emporté ce match à la fois puéril et symbolique. Il s’en est d’ailleurs vanté auprès de la presse française : le langage gestuel indique que la France ne se laissera pas manipuler, ni impressionner, par le gouvernement américain. Trump, sans aucun doute, aura compris le message, mais d’un tempérament égocentrique et vindicatif, le pardonnera-t-il à Macron ? Sans doute pas. Or, Macron n’est pas seul à entrer en résistance, les Européens le soutiennent. Comme l’a déclaré Angela Merkel à la suite des sommets de l’Otan et du G7 du week-end dernier, l’Europe ne doit plus compter sur les Etats-Unis pour défendre ses intérêts.

La priorité, que Macron partage, est de créer une armée européenne. Pareille décision dépasse la seule personnalité de Trump, car Barack Obama, en son temps, avait lui aussi laissé entendre que les Etats-Unis ne souhaitaient plus se sacrifier pour les Européens. Cette tendance au repli américain est un tournant historique et la poignée de main de Macron un peu plus qu’une anecdote.

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