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Rencontres d’un soir sur les routes de France

Dans son premier long métrage, « Jours de France », le réalisateur français Jérôme Reybaud emmène les spectateurs dans un tour de France particulier au cours duquel deux amants explorent la campagne, guidés par Grindr, une application de rencontre gay.

Abandonné sans aucune explication par son partenaire, Paul décide de partir à sa recherche en utilisant la fonction GPS de l’application Grindr, qui affiche les profils d’utilisateurs actifs dans la région. Au-delà de ce jeu de cache-cache, ce sont les personnages que rencontrent les deux hommes — un escroc, un barman qui rêve de liaisons sans lendemain ou encore un chanteur mélancolique résigné à travailler dans une maison de retraite — qui donnent au film son intérêt. Directes mais toujours sentimentales, ces rencontres jalonnent l’errance d’un couple d’hommes solitaires dans la campagne française.

Le film sortira le 4 août à New York, le 11 août à Los Angeles et fera ensuite l’objet d’une sortie nationale.

France-Amérique : Pourquoi avez-vous choisi Grindr comme moteur de votre film ?

Jérôme Reybaud : Cela m’a permis d’évoquer la culture homosexuelle, ponctuée de flirts et de brèves rencontres. Les hétéros ne font pas tout leur possible pour choisir des routes, des itinéraires ou des destinations dans le but de faire des rencontres comme le font les gays. Ces rencontres créent une relation entre le paysage et le désir.

Chaque route et village que traversent les deux personnages ont été filmés in situ. Comment avez-vous conçu ce trajet ?

Je suis né à Cannes et ma mère vit toujours là-bas. Je ne prends ni le train ni l’avion, aussi je conduis neuf cents kilomètres depuis Paris chaque fois que je lui rends visite. Quand j’ai commencé à écrire le scénario, je pouvais visualiser chaque route du film pour les avoir parcourues pendant des années. Il n’a pas été nécessaire de faire des repérages lorsque nous avons commencé la production. C’est une victoire pour moi lorsque quelqu’un voit mon film et se dit : « Je connais exactement cette petite route en Provence ». J’ai réussi à connecter le public avec une partie de son propre patrimoine.

Etes-vous d’accord avec la critique américaine qui qualifie votre film de « road movie typiquement français » ?

Je ne me retrouve pas dans le cinéma français. Je n’aime pas la plupart des films français qui sortent. Je comprends toutefois que vu de l’étranger, mon film puisse présenter des aspects typiquement français. Mais je me rappelle qu’à Rome, un spectateur m’a dit : « Nous sommes ravis de voir un film français qui n’a pas été filmé à Paris ». Pour cet Italien, le cinéma français est toujours centré sur Paris, dans un petit appartement où se déchirent deux amants. C’est un cliché, bien sûr, mais ce n’est pas tout à fait faux. Mon film témoigne de mon désir de quitter Paris pour parler de la France et de sa géographie.

Le bande-annonce :

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