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I Love You, Mon Amour : dix couples franco-américains de légende

Ils sont artistes, créateurs, écrivains, diplomates et acteurs. Ils sont français et américains. Et ils sont amoureux ! A l’occasion de la Saint-Valentin, France-Amérique s’intéresse à ces couples franco-américains mythiques dont la romance passionnelle ou impossible a marqué le XXe siècle.


Juliette Gréco & Miles Davis

« J’ai deux amours », aurait pu chanter Miles Davis. « Paris et Juliette Gréco. » Dans la capitale de l’après-guerre, la chanteuse française, muse de Saint-Germain-des-Prés, et le musicien américain, « Picasso du jazz » en devenir, vécurent une parenthèse passionnelle. Un amour interrompu par le racisme de la société américaine.

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© Jean-Philippe Charbonnier/Gamma-Rapho

Gréco a 22 ans lorsqu’elle pose les yeux sur le trompettiste. Nous sommes en mai 1949 : le Festival international de jazz renaît à Paris et les pointures américaines du bebop ont fait le déplacement. C’est la première fois que Davis quitte les Etats-Unis. Il joue salle Pleyel avec le quintet du pianiste Tadd Dameron. « Je le voyais de profil : un dieu égyptien », se souviendra Gréco, qui l’observe depuis les coulisses. « Je n’avais jamais vu un homme aussi beau et je n’en ai pas vu de plus beau depuis. » Les amants vivent ensemble à l’hôtel La Louisiane, dans le VIe arrondissement. Au bras de Gréco, Davis rencontre Jean-Paul Sartre, Boris Vian et Picasso ; ils se promènent le long de la Seine, main dans la main, s’embrassent. Une chose impensable aux Etats-Unis, où les relations interraciales sont alors interdites.

Davis jouit en France d’une liberté nouvelle. « Je ne m’étais jamais senti ainsi de toute ma vie », écrira-t-il dans son autobiographie. « C’était la liberté d’être en France et d’être traité comme un être humain. » Nombre de musiciens afro-américains s’installent à Paris, mais Davis fait le choix de rentrer. A Sartre, qui lui demandera pourquoi il refuse de demander Gréco en mariage, il répond : « Parce que je l’aime. » « Il savait que le noir et le blanc n’allaient pas ensemble », commentera-t-elle des années plus tard. « Il savait que je serais malheureuse et traitée comme une pute de bas étage en Amérique. »


Yves Montand & Marilyn Monroe

© API/Gamma-Rapho

En 1960, deux comètes à la trajectoire opposée se percutent à Hollywood. Yves Montand a fait ses débuts de chanteur à Broadway l’année précédente. Sur la pente inverse, Marilyn Monroe, sex-symbol de l’Amérique des années 1950, dont le mariage avec le dramaturge Arthur Miller s’étiole, s’enlise dans des productions de plus en plus médiocres. Le film musical Let’s Make Love (Le Milliardaire) doit relancer sa carrière.

A la demande de Marilyn, dit-on, les studios rejettent successivement Gregory Peck, Cary Grant, Charlton Heston et Rock Hudson afin d’offrir le rôle masculin à Yves Montand. Celui-ci ne parle pas un mot d’anglais  : il apprend ses répliques par cœur. Les acteurs emménagent dans un hôtel de Beverly Hills le temps du tournage : Marilyn occupe un bungalow avec son mari ; Yves Montand et sa femme, l’actrice Simone Signoret, s’installent dans le bungalow voisin. Les deux couples deviennent amis. Mais le départ de Miller, qui rejoint en Irlande le réalisateur John Huston pour travailler au scénario du film The Misfits, met fin à l’idylle californienne. Signoret part peu de temps après pour Rome, où commence le tournage de Adua et ses compagnes. Yves et Marilyn restent seuls.

Bientôt, les amants s’affichent à Hollywood et à New York ; la nouvelle fait les gros titres. Des photos montrent le ventre légèrement arrondi de l’actrice  ; on la dit enceinte. Cet adultère met fin au mariage des Miller, mais Signoret fait preuve de pragmatisme. « Si Marilyn est amoureuse de mon mari, c’est preuve qu’elle a bon goût », déclare-t-elle. Let’s Make Love, qui sort le 8 septembre 1960 sans recevoir le succès escompté, restera célèbre comme « le film dont Marilyn Monroe et Yves Montand ont pris le titre trop au sérieux ».


=> Pierre Cartier & Elma Rumsey, Jo Bouillon & Josephine Baker, Niki de Saint Phalle & Harry Mathews… Retrouvez la suite de notre article sur les couples franco-américains de légende dans le numéro de février de France-Amérique !

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