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Le plus haut-gradé américain en tournée dans le Golfe

« Stupéfait » par la propagation de la vague de contestation dans le monde arabe, le plus haut-gradé américain a entamé dimanche à Ryad une tournée dans le Golfe destinée à réaffirmer l’engagement des Etats-Unis auprès de ses alliés et à les appeler à la retenue.

Cette visite de l’amiral Mike Mullen dans cette région stratégique aux yeux de Washington intervient alors que la vague de contestation contre les régimes autoritaires se poursuit dans le monde arabe, notamment à Bahreïn et au Yémen, pays voisins de l’Arabie saoudite.

Prévue de longue date dans le cadre des relations militaires bilatérales privilégiées qu’entretiennent les Etats-Unis et les pays arabes du Golfe, cette visite a pris une toute autre orientation, a reconnu le chef d’état-major interarmées américain. Il s’agit dorénavant de « rassurer, de discuter et de comprendre ce qui se passe » et de prendre le pouls de dirigeants, a affirmé l’amiral Mullen à quelques journalistes en arrivant dans la capitale saoudienne.

Le principal conseiller militaire du président Barack Obama a reconnu sa surprise devant la tournure prise par les événements. « Je suis stupéfait que cela ait bougé si rapidement. Nous parlions de ces problèmes depuis longtemps mais c’est arrivé à une telle vitesse », a-t-il a confié, estimant que les mouvements de protestations allaient sans doute se poursuivre. Il est donc « absolument essentiel » que les gouvernements et leurs opposants résolvent de façon « non violente » la situation, a-t-il jugé.

L’onde de choc née fin décembre en Tunisie s’est propagée en Egypte et continue de se répandre au Moyen-Orient. A Bahreïn, en proie depuis plus d’une semaine aux manifestations, le centre de Manama était tenu dimanche par l’opposition qui réclame au monarque sunnite une libéralisation du système politique, dont la majorité chiite se dit exclue.

Le secrétaire d’Etat Hillary Clinton a jugé que les violences de ces derniers jours à Bahreïn, aux cours desquelles six manifestants ont été tuées par la police, étaient « inacceptables ». Quelque 4.200 militaires américains sont stationnés dans ce petit royaume du Golfe, qui abrite le quartier général de la Ve flotte, chargée de surveiller les routes maritimes pétrolières dans le Golfe, de soutenir les opérations en Afghanistan et de contrer l’Iran.

Ryad s’inquiète également de la situation à Bahreïn, craignant que les troubles ne fassent le jeu de l’ennemi iranien et ne déstabilisent l’est de l’Arabie saoudite où se trouve une forte population de la minorité chiite. Vendredi, les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït), ont exprimé leur « soutien total à Bahreïn », affirmant qu’il n’était « pas question d’accepter les ingérences étrangères », visant l’Iran sans le nommer.

La question de l’Iran devrait donc être largement évoquée au cours des entretiens entre l’amiral Mullen et de hauts responsables militaires saoudiens, dont le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz. Washington a annoncé en octobre un contrat de fourniture à Ryad d’avions de combat et d’hélicoptères d’une valeur de 60 milliards de dollars pour faire face à une éventuelle menace iranienne.

Les deux alliés devraient également discuter de la collaboration dans la lutte antiterroriste contre le réseau Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), implanté au Yémen. La tournée de l’amiral Mullen doit ensuite se poursuivre lundi au Qatar, aux Emirats arabes unis (EAU), à Djibouti et au Koweït, où il doit participer aux cérémonies marquant le vingtième anniversaire de la fin de la guerre du Golfe et de la libération du pays.

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