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Le salon du textile new-yorkais tire son épingle du jeu

La 18e édition new-yorkaise du salon Première Vision Preview dédié au tissu de mode s’est tenu les 15 et 16 juillet derniers à Manhattan. Les tisseurs misent sur la créativité pour parer la crise.

« Si vous êtes designer à New York, se rendre au salon Première Vision est un must », assène Diane Von Furstenberg, la créatrice de mode belgo-américaine et présidente du CFDA (Council of Fashion Designers of America). Le gotha du textile s’était donné rendez-vous au salon où quelque 150 tisseurs ont exposé pendant deux jours leurs étoffes à la vue et au toucher des tailleurs, stylistes et importateurs de la scène internationale. « New York est une capitale du style », explique Philippe Pasquet, le directeur général du salon. C’est aussi un lieu de rencontres où se décident, avec dix-huit mois d’avance sur la mode parisienne, les tendances de l’hiver 2010/2011 », affirme-t-il.

Laver le luxe

Coté tendances, l’androgynéité fait son retour. « Il faut cultiver son ambiguïté », prévient Philippe Pasquet. Plumes de paon, tweed, coton épais. Les carrés de mailles bigarrées du salon forment un patchwork semi-précieux. Les designers et fournisseurs de luxe nord-américains ne s’y sont pas trompés en venant faire leur marché de Noël avant l’heure. « L’édition new-yorkaise de Première vision attire surtout une clientèle de proximité, reconnaît Philippe Pasquet. Nos visiteurs n’ont qu’à descendre quelques blocs de l’Upper Manhattan pour venir réserver les échantillons de leur choix ». Cette année, en raison de la crise, la retenue dans l’apparat est de mise. La flamboyance est patinée et le monde de l’industrie brute devient un modèle d’inspiration. « On s’éloigne de l’excès  et du faste », indique Philippe Pasquet. Nos clients attendent des vêtements exclusifs mais résistants. Il faut pouvoir passer le luxe à la machine », stipule-t-il. Corrosion, anfractuosités, monde industriel. L’abrupt et l’authenticité reviennent à la mode. « Nous ne faisons plus seulement dans le luxe aristocratique », explique le directeur du salon. Nos clients vont de Hugo Boss à H&M, en passant par Armani ou Calvin Klein », assure-t-il. Une belle diversité d’acheteurs. Et un seul mot d’ordre : « Secouer la place de New York ».

Acteurs de la mode et victimes de la crise

Les tisseurs du salon affirment leur position de leader dans l’industrie sélective du textile haut de gamme. « Nous décodons la mode en avant-première », allège Philippe Pasquet. Ce militant de l’innovation refuse de broder sur le contexte économique morose. « On ne peut pas nier la fragilité du secteur qui découle de la mauvaise conjoncture actuelle », reconnaît le directeur du salon. Nous avons moins d’exposants et le chiffre des ventes a baissé, mais le tissu solidaire entre les artisans du textile reste très fort ». Selon lui, la fibre dynamique de la profession et sa capacité à se réinventer laissent espérer une sortie de crise honorable. « La crise bouscule les créateurs et les pousse à se dépasser en terme de créativité. Il n’y a pas de quoi céder à la mélancolie post-récession », affirme-t-il.

Information :

Le salon Première Vision de Paris se tiendra du 15 au 18 septembre 2009 au parc d’expositions de Nord Villepinte : http://www.premierevision.fr/

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