Je m'abonne

Le thriller spatial « Gravity » lance la course aux Oscars

Le thriller galactique « Gravity », qui fait de Sandra Bullock et George Clooney les seuls survivants d’un accident dévastateur au beau milieu de l’espace, a séduit les critiques et fait déjà figure de premier candidat sérieux aux prochains Oscars.

Plusieurs critiques de cinéma n’ont pas hésité à évoquer « 2001: l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick parmi les références du film, qui sort vendredi en Amérique du nord (le 23 octobre en France). Réalisé par le Mexicain Alfonso Cuaron, « Gravity » a recueilli une impressionnante cote de popularité de 98% sur le site de référence Rotten Tomatoes, qui agrège les critiques de centaines de professionnels. « L’intense odyssée spatiale d’Alfonso Cuaron fait renaître un sentiment d’émerveillement, de terreur et d’opportunités pour le grand écran qui devrait inspirer l’admiration des critiques et du public à travers le monde », a notamment écrit Variety, la bible d’Hollywood.

Le film, visuellement époustouflant et tourné en 3D, est « sensationnel et donne l’impression d’être dans l’espace plus que nous ne pourrons jamais y être », estime pour sa part The Hollywood Reporter. « Gravity », écrit par Alfonso Cuaron et son fils de 31 ans, multiplie les prouesses techniques, des longs plans-séquences aux chorégraphies spatiales, en passant par la reproduction visuelle de l’état d’apesanteur, techniquement impossible à reproduire sur Terre. « Cela a été le plus grand défi », déclarait le réalisateur de 51 ans lors d’une récente conférence de presse à Beverly Hills. « Quand nous imaginions la chorégraphie, nos cerveaux fonctionnaient du point de vue de la gravité, en termes de poids et d’horizon. Nous avons dû tout réapprendre car c’était complètement contre-intuitif ». Le cinéaste y est parvenu en mêlant prises de vue réelles et effets spéciaux conçus par ordinateur, notamment pour les combinaisons spatiales.

« Boite à lumières »

Et pour donner l’impression que les acteurs se déplaçaient en apesanteur – sans donner l’impression qu’ils étaient équipés de harnais, comme c’est normalement le cas – les techniciens ont créé une plateforme depuis laquelle des marionnettistes faisaient bouger et « flotter » Sandra Bullock et George Clooney.

Le directeur de la photographie, le Mexicain Emmanuel Lubezki, a pour sa part créé une « boîte de lumière » dont les parois internes étaient couvertes de milliers de petites ampoules LED pour simuler les étoiles. « Reprogrammer les réactions était très étrange (…). Il fallait réentraîner le corps depuis le cou jusqu’à la pointe des pieds », a expliqué Sandra Bullock lors de la conférence de presse. « Il a fallu de l’entraînement et plusieurs semaines de répétition et de synchronisation avec la caméra d’Alfonso ».

« Et ensuite, il fallait séparer tout cela des expressions faciales, pour pouvoir raconter l’histoire d’un point de vue émotionnel », a ajouté l’actrice, oscarisée en 2010 pour « The Blind Side », et dont le nom est déjà murmuré pour une nouvelle statuette en mars prochain. « C’est un film sur une femme. Oubliez l’espace. C’est une femme à la dérive dans le vide, victime de sa propre inertie », déclare Alfonso Cuaron, qui a également signé « Et… ta mère aussi! », « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban » ou « Les fils de l’homme ». « Elle est confrontée à toutes les adversités qui l’éloignent de plus en plus de toute connexion humaine et du sens de la vie », ajoute-t-il.

« Tous les autres éléments liés à l’espace font partie de sa psyché. Car bien qu’elle soit désespérée et que son cerveau ait envie de dire ‘J’abandonne’, il y a toujours quelque chose qui nous fait avancer. La vie continue », dit-il. La carrière de « Gravity » a commencé au festival du Venise, qu’il a ouvert avec succès. Outre Kubrick et son « odyssée », le critique de Variety, Justin Chang, a fait référence à Max Ophüls, resté célèbre pour ses formidables portraits de femmes. « J’imagine que, quelque part, les esprits de Stanley Kubrick et Max Ophüls regardent Gravity avec admiration », écrit-il.

Related