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Léa Morichon : le pinceau de France-Amérique

Ses aplats de couleurs pastels ornent depuis le mois de janvier les couvertures du magazine. L’illustratrice française Léa Morichon, qui a travaillé pour Le Parisien Weekend et la maison d’édition Marabout et a exposé ses créations à Paris l’automne dernier, partage avec nous son parcours, ses inspirations et son processus créatif.


France-Amérique : Comment naissent les illustrations de couverture du magazine ?

Léa Morichon : Chaque mois, la directrice et la directrice artistique m’envoient un brief : dans le numéro de février, par exemple, on aura un article sur la famille Matisse aux Etats-Unis et un autre sur les couples franco-américains pour la Saint-Valentin. Je leur envoie un croquis au crayon, une idée en quelques traits et quelques mots, puis une première esquisse à la gouache. Je travaille par aplats de couleurs à l’aide de calques et de morceaux de papier collés. Je scanne ensuite le dessin final, je retouche les couleurs à l’aide de Photoshop, je gomme les poussières qui auraient pu se glisser dans le scanner et j’envoie !

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Comment êtes-vous devenue illustratrice ?

Après des études à l’école des Beaux-Arts de Lorient et à l’école de typographie d’Amiens, puis un stage chez Cartier, j’ai travaillé à Londres comme graphiste dans une agence d’édition. Je n’étais pas épanouie. J’insistais pour faire des illustrations. Jusqu’au jour où mon patron m’a suggéré de me lancer à mon compte ! Un de nos anciens clients avait justement besoin de quelqu’un pour peindre des stickers inspirés des étiquettes de voyage d’autrefois pour leur magazine. C’est ce qui m’a lancé.

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Où puisez-vous vos inspirations ?

Je me promène beaucoup dans les musées et les belles boutiques, comme le Bon Marché à Paris. Je prends en photo ce qui me plaît, une paire de chaussures Hermès, un panier en vannerie et des fleurs sur un marché, une peinture. J’ai une énorme bibliothèque d’images que je classe par critères : peintures, paysages, lignes, bouches, yeux, etc. Mes dernières images ? Les photos de mon voyage au Sri Lanka et les plantes de Lanzarote, dans les îles Canaries, qui poussent de manière géométrique sur un sable très noir. Au même endroit, j’ai aussi été inspirée par la maison de l’artiste espagnol César Manrique, ses lampes, ses photos de famille, des plantes suspendues et sa salle de bain qui donne sur une cour plantée de cactus.

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Quelle relation entretenez-vous avec les Etats-Unis ?

Une relation fantasmée parce que je n’y suis encore jamais allé ! Je me suis construit un imaginaire des Etats-Unis via les peintures du sublime, Thomas Cole et l’école de l’Hudson River, les westerns, Thelma & Louise, Casablanca et les séries télévisées comme Friends. C’est une vision fantasmée par la culture. Lorsque je pense à New York, j’imagine une ville très grande à l’énergie folle, un port, une ville d’immigration. J’imagine les couvertures d’Alexey Brodovitch, photographe de mode et directeur artistique d’Harper’s Bazaar dans les années 1940, qui a révolutionné l’identité visuelle du magazine. C’est mon objectif de cette année : passer un mois à New York et prendre la pulsation de la ville.


=> www.www.leamorichon.com

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