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Les 10 commandements de l’entreprenariat aux Etats-Unis

Troisième volet de notre série « Les 10 commandements de l’entreprenariat aux Etats-Unis ». Marc Jungerman, expert-comptable français, CPA et CMA américain, livre aujourd’hui ses conseils sur les ressources financières pour monter sa start-up.

Si la formulation sur le papier d’un projet construit est une étape essentielle, lui donner vie en est une également et requiert des compétences différentes. Le financement, dont nous n’évoquerons que trois sources principales, est bien souvent le point de blocage des start-up ou des reprises d’activité. Pour réunir les ressources nécessaires à votre projet (financement, talents humains, partenariat avec des fournisseurs…) vous devrez également passer maître dans l’art de la communication.

Règle n°7 : On n’est jamais mieux servi que par soi-même

Vous pouvez créer votre entreprise ou reprendre une activité en utilisant vos propres deniers (« Bootstrapping »). Ce mode de financement est particulièrement bien adapté aux activités de prestation requérant peu d’investissements dits d' »infrastructure ». Cette solution, souvent choisie par défaut, présente l’avantage de démontrer la viabilité de votre projet pour ensuite financer son développement par des fonds externes. Etre sous contrainte financière est à la fois une vertu et un handicap. D’une part cela aiguise les talents afin de réaliser plus, avec moins de moyens. Mais d’autre part certaines activités réclament un afflux important de fonds pour financer leur développement, sans lesquels le risque de se voir copier par la concurrence est accru.

Règle n°8 : Travailler avec l’argent des autres mais en assumant les risques

Un établissement de crédit assume le risque d’irrécouvrabilité de sa créance et non le risque d’exploitation de votre entreprise. Ainsi, une banque est un fournisseur dont la rémunération (a minima les intérêts) doit être payée quoi qu’il advienne alors même que vos liquidités seront probablement votre maillon faible en phase de démarrage. Il fut un temps où les banques américaines étaient bien plus aventureuses que les banques françaises et acceptaient de financer des projets avec moins de garanties. Ce temps est révolu. Dans bien des cas, on vous demandera de justifier de trois ans d’activité pour pouvoir prétendre à un financement sans garantie personnelle (« personal collateral »). Les banques proposent des prêts garantis par une agence gouvernementale (USDA, SBA…) qui vous réclamera une garantie personnelle. Soyez vigilant quant aux garanties personnelles : en cas d’échec (90% des start-up) vous pouvez mettre votre famille en grande difficulté.

Règle n°9 : Prendre un associé financier

Enfin, vous pouvez financer votre activité en prenant un partenaire financier (« venture capital ») qui devient votre associé. Vous n’avez donc pas à lui verser d’intérêts mais – s’il y a lieu – des dividendes. Ce type de financement est plus sélectif et moins accessible car votre partenaire prend avec vous le risque d’exploitation de votre entreprise. Le pourcentage de participation demandé pour le financement souhaité sera d’autant plus élevé que la profitabilité n’est pas démontrée. Enfin, vos aspirations à moyen terme en tant qu’entrepreneur peuvent être différentes de celles de votre partenaire financier qui, dans bien des cas, souhaitera réaliser sa plus-value en vendant sa part. Sa sortie (« exit strategy ») doit donc être pensée dès la prise de participation.

Règle n°10 : L’art de la communication

Un entrepreneur est un chef d’orchestre dont les résultats dépendront, dans bien des cas, de sa capacité à engendrer l’action et à disposer du meilleur de ses partenaires. Il vous faudra donc convaincre afin d’emporter l’adhésion. Votre communication doit être simple et concise sans pour autant être simpliste. Si le savoir-faire est important, le faire savoir l’est tout autant. Conservez à l’esprit que la société américaine est en grande partie bâtie sur la communication et le paraître. Pour nous Français, cet exercice est souvent l’un des plus difficiles car nous avons tendance à considérer que le fond est plus important que la forme. Et pourtant, rappelons-nous ce que disait Victor Hugo : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. »

Le rapport à l’argent est très différent aux Etats-Unis et en France, et les faux pas peuvent être sévèrement sanctionnés. Dans le cadre d’une start-up ou d’une reprise d’activité, il est préférable de se faire conseiller tant sur la solidité du business model que sur les modes de financement considérés. Enfin, gardez à l’esprit que vos interlocuteurs achètent autant votre business model que votre capacité à l’exécuter. Comme disait Albert Einstein : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. »

Ressources :

Les chambres de commerce franco-américaines, les consulats français et l’ambassade de France.

Les experts-comptables américains ou franco-américains.

Les cours de création d’entreprise à l’université (en auditeur libre).

SBA.gov (Small Business Administration)

 

A lire sur le même sujet :

Bien communiquer avec vos interlocuteurs américains, de Marc Jungerman, Afnor éditions, 2013.

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