Je m'abonne

Les programmes bilingues à New York en quête de financement

Les services culturels de l’ambassade de France à New York lanceront le 5 décembre prochain une grande campagne de levée de fonds afin de financer le rapide développement des programmes bilingues français-anglais dans les écoles publiques new-yorkaises.

Et si la communauté française de New York se mobilisait pour porter un projet ambitieux ? Tel est l’espoir de Fabrice Jaumont, attaché à l’éducation de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Au sein du comité pour le développement des classes bilingues, dont il est membre aux côtés de directeurs d’écoles, de professeurs, de parents d’élèves, de mécènes et de diplomates, il espère lever 2,8 millions de dollars. L’argent sera investi dans le développement des programmes bilingues des écoles publiques new-yorkaises. Le coût estimé d’un élève inscrit dans ces programmes d’immersion est de $400 pour cinq ans.

Cette alternative aux établissements privés connaît un succès sans précédent depuis l’ouverture de la première classe en 2007 à PS 58 dans le quartier de Carroll Gardens, à Brooklyn. Aujourd’hui, on compte cinq programmes bilingues en école primaire (PS 58, PS 133, PS 110, PS 20, PS 84) et deux au collège (MS 51 et MS 256), ainsi qu’une école à charte, NYFACS, à Harlem. Ce sont 1 000 élèves, dont une moitié de francophones, qui sont inscrits actuellement dans des programmes bilingues français-anglais à New York. « Avec 22 000 enfants francophones à New York, il y aurait de la place pour 40 à 50 programmes bilingues supplémentaires », affirme Fabrice Jaumont. Ces dernières années, un nombre grandissant de familles se sont vues refuser des places dans ces programmes, faute de places.

Compter sur les expatriés plutôt que sur l’Etat

Les fonds levés financeront des bourses pour la formation de professeurs à l’enseignement bilingue et l’achat du matériel pédagogique nécessaire. D’autre part, ils permettront d’implanter ces programmes dans des zones défavorisées abritant de larges communautés francophones, comme le sud du Bronx, ou Flatbush à Brooklyn. « Nous avons besoin de fonds privés, que la communauté française nous soutienne, et pas seulement les parents concernés », affirme Fabrice Jaumont. « Le but de cette levée de fonds est d’inciter les Français de New York à se bouger, à faire un effort collectif. Quand on est aux Etats-Unis, il ne faut pas être passif si l’on veut quelque chose, c’est le B.a.-ba dans ce pays. Les familles doivent se rendre compte qu’elles ont le pouvoir de créer un programme bilingue, sans l’aide de l’Etat ».

Actuellement, la France, à travers le ministère des Affaires étrangères, subventionne déjà l’achat de livres. Sans compter l’apport financier des sénateurs des Français de l’étranger qui ont fait des dotations aux programmes bilingues grâce à l’argent de leurs réserves parlementaires. Des sommes néanmoins loin d’être suffisantes pour assurer la pérennité des programmes.

Fabrice Jaumont compte également sur le soutien des entreprises françaises pour atteindre l’objectif des 2,8 millions de dollars. Elles aussi profitent très largement de ces programmes dans les écoles publiques pour inscrire les enfants des cadres qu’elles font venir aux Etats-Unis. C’est le cas déjà de la BNP, du Crédit Agricole et de L’Oréal. « Les entreprises françaises pourront faire venir plus facilement des salariés français aux Etats-Unis si elles n’ont pas le casse-tête de la scolarité des enfants d’expatriés », rappelle Fabrice Jaumont.

Bientôt un lycée bilingue ?

De nouveaux programmes pourraient voir le jour à la rentrée prochaine ou en 2015. Des associations de parents se sont montées à Astoria dans le Queens, et à Downtown Manhattan où 175 familles se sont regroupées. Une mobilisation suffisante pour ouvrir plusieurs écoles dans le sud de l’île. New York pourrait également accueillir très prochainement un lycée à l’enseignement bilingue. Un projet mené par un Américain élevé dans le bilinguisme, Keith Ryan, en partenariat avec les services culturels de l’ambassade. Le lycée pourrait ouvrir ses portes dès l’année prochaine. Keith Ryan souhaite en effet obtenir toute les autorisations pour l’ouverture de l’établissement avant l’arrivée d’un nouveau maire et d’une nouvelle équipe au sein du département d’éducation de la ville de New York.

La levée de fonds sera officiellement lancée le 5 décembre lors d’une soirée aux services culturels de l’ambassade. A cette occasion, la plate-forme de financement participatif sera mise en ligne sur le site indiegogo.

Pour plus d’informations : facecouncil.org/dlp

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related