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L’Invité, entrevues au festival de Cannes

Huit minutes d’interview avec une personnalité qui fait l’actualité : telle est la formule qui a fait le succès de L’Invité, rendez-vous quotidien de TV5MONDE diffusé du lundi au vendredi à 13h45 EST.

A l’occasion de la 72e édition du festival de Cannes du 14 au 25 mai, des épisodes inédits de l’émission seront tournés sur la Croisette. Au programme : rencontres avec les plus grands réalisateurs, acteurs et personnalités, mais aussi aperçu des coulisses du plus célèbre festival de cinéma. Entretien avec Patrick Simonin, présentateur de l’émission.


France-Amérique : En 2000, vous animiez déjà L’Invité depuis Cannes. Quels sont vos premiers souvenirs du Festival ?

Patrick Simonin : Nous passons chaque année près d’une semaine sur la Croisette. L’ambiance y a beaucoup changé depuis les premières émissions ! A l’époque, j’interrogeais Michèle Morgan et Gérard Oury dans leur maison de Saint-Tropez, ou Gregory Peck dans sa chambre d’hôtel. A ce moment, il était encore possible de donner rendez-vous aux stars dans des cafés. J’étais en terrasse avec Philippe Noiret quand Bertrand Tavernier est passé à côté de nous. Nous avons interrompu l’émission le temps qu’ils se saluent. Un grand moment fut l’entretien avec Kim Novac, la star de Sueurs Froides d’Hitchcock. Je me souviens de la projection du film — considéré par beaucoup comme le plus grand chef-d’œuvre du cinéma. J’étais quelques rangs derrière elle, et, lorsque les lumières se sont allumées, on a vu la comédienne se lever comme dans un rêve et saluer le public.

Votre émission est itinérante : vous êtes présent au sommet de la Francophonie, au festival international de jazz de Montreux, aux Francofolies de La Rochelle et de Montréal… Quelle est la spécificité du festival de Cannes ?

Cannes est le plus grand festival de cinéma au monde ! C’est immense, la foule est impressionnante, les fêtes sont inoubliables… Rien n’y est trop grand. C’est aussi toute une mythologie : le festival est un label qui focalise l’attention sur des films qui, autrement, n’auraient pas suscité autant d’intérêt auprès des journalistes. J’y vois un mélange contradictoire entre le people, le glamour, le soleil, le luxe des palaces et des films venus du monde entier, exigeants, dépaysants. On passe constamment d’un monde à l’autre ; du sexy aux films d’auteur. C’est une particularité que j’essaie de retranscrire dans l’émission.

Festival-Cannes-film

 

© Festival de Cannes/FIF

Parmi les nombreuses personnalités qui se donnent rendez-vous à Cannes, à qui tendez-vous le micro ?

Au fil des années, nous avons reçu presque toutes les célébrités françaises : Isabelle Huppert, Vanessa Paradis, Sophie Marceau, Johnny Hallyday… Mais Cannes nous permet également de nous écarter un peu de la francophonie pour recevoir des stars internationales. En 2012, nous avons été les seuls à recevoir Robert De Niro, à l’occasion de la sortie de la version restaurée d’Il était une fois en Amérique. J’ai également rencontré Tim Burton lorsqu’il était président du jury, ou encore Malcolm McDowell lors de l’anniversaire du film Orange Mécanique.

J’aime inviter des personnalités politiques, notamment les ministres de la culture de nos partenaires francophones, et des personnes en lien avec l’actualité. L’année dernière, j’ai reçu la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa quand le débat sur le harcèlement a rejailli sur le festival. Le président de la Confédération suisse est venu nous présenter les innovations technologiques des métiers du film ; j’ai reçu les actrices du collectif Noire n’est pas mon métier… Cette année, la question des plateformes de diffusion et de Netflix aura certainement une place dans le débat.

Comment se distinguer quand toute l’attention médiatique est centrée sur les mêmes films et artistes ?

Il est effectivement difficile d’avoir de l’exclusivité à Cannes, mais cela nous laisse libres de choisir des films différents. Je m’intéresse au cinéma dans toute sa diversité : les films d’Afrique, du Maghreb, les artistes de la francophonie… Chaque année, TV5MONDE est en coproduction de longs-métrages en compétition. Je m’appuie aussi sur la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique pour faire de belles découvertes. A Cannes, l’émission est mise en situation : on montre le festival. C’est un mélange d’interviews et de reportages. Les films et les artistes sont essentiels, mais il faut faire rêver ! L’année dernière, nous avons tourné depuis la projection nocturne de Grease sur la plage, avant d’interviewer John Travolta. Les gens étaient assis sur des transats et dansaient. C’était un moment unique.

Quel a été votre plus beau moment à Cannes ?

J’ai eu l’honneur de faire l’interview de l’actrice Anna Karina sur la plage, qui a repris pour nous son dialogue de Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard. « Qu’est ce que j’peux faire ? J’sais pas quoi faire… » Elle nous a commenté la célèbre photo du baiser avec Belmondo — l’affiche du festival cette année-là — et m’a même embrassé ! Le bonheur de Cannes c’est d’avoir su conserver une forme de romantisme, de pouvoir faire une émission au bord de la mer avec le bruit des vagues.

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